Ma poudreuse au Canada

Quand certains skieurs s'inquiètent des cailloux qui apparaissent sur les pistes, d'autres partent pour des horizons tout blancs, des kilomètres de poudreuse immaculée et des chemins de traverse, à parcourir en ski doux ou traineau à chien jusqu'en avril. Si le Québec s'apprécie en été et flamboie en automne, c'est en hiver qu'il déploie toute sa dimension: chaleureuse !



Ma poudreuse au Canada
Quand mes copines m’ont invitée à venir passer une semaine au Québec en plein hiver, je dois à la vérité de dire que j’ai accepté par amitié plus que par enthousiasme. Le froid, moi, jamais ! Résultat : une semaine superbe, chaleureuse et animée. Au menu, moto-neige, chiens de traineau et pêche blanche, mais aussi spa, massages et shopping. Un plaisir renouvelé !

Les perspectives d’un moins 20°, ne serait-ce qu’une heure, franchement ce n’est pas ma tasse de thé. On ne peut pas dire que l’invitation qui m’est faite suscite vraiment l’emballement mais Josée et Barbara ont le Québec communicatif, si bien que j’accepte de me joindre au défi : passer une semaine dans les neiges de Mauricie-Lanaudière, présentées comme le Québec Authentique, pour y découvrir les activités que peuvent y pratiquer les femmes, en groupe, en tribu ou en famille et en tous cas, en toute féminité. Loin de nous l’idée de jouer les suffragettes, mais force est de constater que les voyages entre copines, mère-filles ou mère-enfants se multiplient, et pas question de rester au coin du feu en attendant que le froid passe. Multi-activité, le Québec se dit prêt à toutes les découvertes, au rythme de chacun. Expérience.

Bienvenue au Lac à l’eau claire

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Passé l’avion, voici le car pour rejoindre la Mauricie. Très vite, la route à quatre voies n’en a plus que deux et ce sont de superbes étendues blanches brodées d’arbres et de lacs qui s’offrent en spectacle. C’est la campagne, la nature, un sol gelé mais des températures douces qui surprennent la parisienne en goguette. Le froid ambiant est beaucoup plus sec qu’il ne l’est à Paris dans de semblables circonstances, et le chaud soleil permet un « ressenti » du froid bien différent du gel total auquel je m’attendais. A moi les plaisirs de la neige ! Le Domaine du Lac à l’Eau Claire se prête à toutes les découvertes : moto neige, raquettes, pêche, ses immenses 2500 hectares permettent de tester à tout va. Y compris les joies de la piscine car un centre aquatique permet de nager dans un superbe bassin couvert et chauffé, de prendre sauna et hammam ou de bénéficier de massages et de soins (aux huiles aromatiques, en duo, manucure ou pédicure,...) bref, de se faire chouchouter.
Gros plus de l’endroit, ses « condos ». En Français, on dirait des chalets, de 2, 4 ou 5 chambres, ce qui permet de débarquer en famille ou en groupe et de partager de fait une maison, avec terrasse, cuisine, cheminée et vue sur le lac. Un rêve de séjour nature, convivial puisqu’on a ainsi la chaleur d’un foyer. Ca a l’air tout bête, mais l’idée de se lever à notre rythme pour un petit café face au lac gelé est un vrai moment de bonheur. Pour ceux qui viennent en plus petit nombre, l’auberge propose des chambres standard ou luxe et des « pavillons », situés en face de l’hôtel, offrent aussi des suites avec kitchenettes. Il parait qu’une plage permet de se baigner l’été mais là, on a du mal à le deviner : une épaisse couche de glace recouvre le lac, donnant envie de se mesurer à cette fameuse moto neige racontée dans les guides. Vite, en forêt !

En route pour l’aventure des pistes

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Deux patins de ski et une chenille, l’engin ressemble à un scooter croisé avec un tank. Rien de très féminin. Sourire des hommes qui nous croisent. En souriant, notre guide nous dit qu’ils iront faire de la vitesse alors que nous nous prendrons le temps de regarder et de profiter. Voilà donc, sur la neige, la différence homme/femme. Rien de neuf, non ? La poignée des gaz présente une grosse manette à coincer avec le pouce, ce sera le seul défi de l’expédition : tenir la gâchette sans attraper de crampe. Je regrette parfois mon scooter ! Mais en respectant les consignes de sécurité, plutôt simples, la machine se prête de bonne grâce à mes envies de balades dans les bois. Les sentiers de forêt sont balisés, pré-tracés par des machines spéciales maniées par des bénévoles qui fonctionnent en « club » et gèrent les 2500 km de sentiers de moto neige de Mauricie-Lanaudière. Beau dévouement et superbe réussite pour les touristes qui n’ont plus qu’à suivre des espaces très bien gérés. Seule précaution : garder sa droite, même dans les virages pentus, pour éviter un éventuel face à face qui pourrait être brutal. Pas de vitesse à changer, et le frein moteur garantit la maniabilité de l’engin qui se conduit avec aisance, passées les premières crispations. La bande de filles, un peu stressée au départ sous le casque, arbore rapidement un grand sourire réjoui qui montre que je ne suis pas la seule à apprécier la balade. Nous prenons notre temps : pas plus de 50 km/h, le soleil est notre ami et ses rayons jouent avec les arbres, jetant des spots lumineux sur les cours d’eau, les stalactites qui tombent des rochers, dessinant les paysages enneigés superbes. Un chevreuil se laisse entrevoir juste avant le retour au bercail. Il est l’heure d’un petit vin chaud au coin de la cheminée !

Un trou dans la glace

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A quelques kilomètres du Lac à l’eau claire, la Pourvoirie du Lac Blanc est un espace typiquement québécois : là aussi des « condos » et une auberge, un accueil chaleureux devant la cheminée, des sentiers au bord de lacs qui accueillent, durant l’été, des pêcheurs venus taquiner la truite. Telle est la définition de ces « pourvoiries » qui offrent le gîte, le couvert, leurs lacs et leurs forêts aux chasseurs et pêcheurs en mal d’espace. Gaston Pellerin, le patron des lieux, nous explique que « Le bonheur est fait de deux couleurs : le blanc de la neige et le bleu du ciel ou du lac ». Binaire, mais plutôt vrai. J’ajouterais bien qu’il est aussi fait d’espace, et ici on n’en manque pas : 3500 hectares, 10 lacs, de quoi donner le tournis aux castors, loutres, chevreuils et ours qui fréquentent les bois. Gaston, grand sourire sous un poil blanchi, accueille avec chaleur les touristes en quête de nature. Et l’hiver, dépêche Tony sur les lacs pour creuser quelques trous à la perceuse géante dans la glace : c’est l’heure de la pêche blanche. Quelques mètres de fil, un hameçon, une petite canne en bois en équilibre sur un pic, le matériel est rustique mais efficace. Les truites sous la glace, appâtées par les vers de terre, sont vite mises en filet pour un passage express dans la poêle qui grésille sur le feu de bois, installé à même la neige. La dégustation est délicieuse, aucune ne fait sa mijaurée !

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Spa, remous et bien-être sur le Lac

Des troncs équarris, une cheminée monumentale dans la réception, des peaux d’ours blanc et quelques massacres sur les murs, le Sacacomie joue le naturel voire le bucheron à l’accueil. Mais l’hôtel, vue extraordinaire sur le lac qu’il domine, est doté d’un spa qui n’a rien de rustique et lui permet de conquérir une clientèle chic voire people. Le « Geos les Bains », doté d’une piscine et de bains à remous intérieur et extérieurs, propose un spa, un hammam, des massages et toute une panoplie de soins douceur et santé. Plus qu’un hôtel, il la joue espace bien-être et même spa responsable, grâce à des soins conçus par les amérindiens, une alimentation d’eau chaude fournie par la géothermie ou encore le recyclage des eaux usées. Les filles se jettent dans la piscine extérieure (chauffée) pendant que je barbote dans un bain à remous divin. Très peu pour moi, le chaud et froid ! L’ensemble des soins offre de quoi se remettre des balades en moto neige, à cheval, en traineau, en quad ou hélicoptère (nettement moins écolo), quelques unes des activités proposées par un hôtel conçu comme un centre de loisirs plutôt haut de gamme. La table y est d’ailleurs raffinée, une escale gastronomique détendue par le rire en cascade de Colombe Bourcq, une directrice omniprésente qui accueille chacun comme un ami personnel.
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Glissades sur le Lac Taureau

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Changement de décor et ambiance de Club à l’Auberge du Lac Taureau, atteinte après une belle randonnée dans les forêts de Lanaudière. Située elle aussi au bord d’un lac immense, cette escale nous accueille dans des aboiements de chiens : des niches surélevées ont attiré notre attention dès l’entrée, c’est ici que nous découvrirons ces fameux chiens de traineaux, chers à Nicolas Vannier. Mis en équipage de 6, ils vont nous entrainer sur le Lac pour une glissade sans bruit mais non sans embûche ! Habituées à nos machines si dociles, nous avons oublié que les chiens n’obéiraient pas aussi facilement que les moteurs à nos ordres trop approximatifs. Florence et Nathalie, le nez dans la neige et hilares, en font vite l’expérience ! Accroché des deux mains au traineau, le mucher (guide) doit savoir peser de tout son poids sur le frein pour parvenir à arrêter une meute qui ne demande qu’à courir à toute vitesse, toute à sa joie des grands espaces. Le passager, sagement cramponné dans le traineau, doit donner de la voix pour encourager ou stopper l’équipage… qui n’en fait qu’à sa tête. Pas simple ! Musclés et le jarret tendu, les chiens n’ont qu’une envie, courir, et sont prêts à faire 100 km pour peu qu’ils ne soient pas sortis depuis quelques jours. Nous nous contenterons de 15, un quart de tour de lac, avant de sauter à nouveau dans la piscine couverte et chauffée qui décidément semblent être la règle dans ces hôtels de campagne. Un petit Sortilège en mains (1/3 de sirop d’érable, 2/3 de whisky canadien Jack Russel), nous n’avons plus qu’à deviser gaiement devant une nouvelle cheminée qui crépite au bar de l’hôtel.

Retour à la civilisation

Ma poudreuse au Canada
Le dépaysement est tel que nous ne savons plus quel jour nous sommes et c’est avec surprise que nous devons déjà prendre le chemin du retour vers la ville. Montréal nous attend et après des kilomètres de forêts et de lacs, la circulation nous étonne. Mais filles que nous sommes, c’est avec entrain que nous retrouvons le shopping dans la fameuse rue Sainte Catherine, haut lieu des achats de la capitale du Québec. Les enseignes ne nous surprennent pas : Zara, H&M, Apple Store, nous sommes en terrain connu. Le centre commercial « la Baie », du nom de l’ancienne compagnie de la Baie d’Hudson, l’est moins, et surtout la longueur de l’artère est peu ordinaire : 15 km de long, pas moins de 8 stations de métro pour la desservir ! Florence se rue sur les Lewis (40 % de moins qu’en France), je me précipite chez Chapter pour écumer les rayons de livres Bricolage et Décoration, toujours plus complets au Canada qu’en France, ouvrages en anglais et en Français mêlés. C’est d’ailleurs une surprise, manifestement Montréal perd un peu de sa francophonie : c’est souvent en anglais que l’on s’adresse spontanément à moi. Il y a 15 ans, il n’en était pas question. Barbara nous entraine chez Harricana, pour un shopping qui a priori me hérisse, puisqu’il s’agit d’une boutique de fourrure. Surprise, j’y découvre un concept de recyclage design. Pas question d’aller traquer la loutre ou le renard, la marmotte ou le castor, ils peuvent dormir tranquilles : ce sont d’anciens manteaux que la boutique utilise pour concevoir gilets et manchons, petits cols et guêtres, bonnets ou sacs tendance. Je vais regarder le vison de ma mère d’un autre œil….

Avant d’embarquer dans l’avion du retour, un verre au Marriott, situé au bout de l’aéroport (bien pratique), pour une pause bilan. Moto-neige, traineau, spa et cocooning, tout nous a plu ! Pour un groupe de filles comme nous, le slogan « dégustez, jouez, explorez, relaxez » de ce Québec Authentique ne semble pas usurpé et Patricia, tour-opérateur dans la vraie vie, cherche déjà comment convaincre des groupes de femmes de tenter l’expérience, comme nous. Nul doute : si elle cherche un cobaye, je reviens. Et c’est une frileuse qui vous le dit !

Annie Fave

Ma poudreuse au Canada
Se loger en Mauricie-Lanaudière

Le Domaine du Lac à l’Eau Claire
157 chambres à l’auberge, dans les pavillons et les condos, multi activités dont un centre aquatique avec fitness, hammam, sauna et massages, wifi gratuit à la réception, navette gratuite pour rejoindre l’auberge pour les chalets les plus éloignés dans le parc. L’été, deux plages, pédalo, canoë, vélos,… Programmé notamment par Transat, JetSet, Kuoni, Thomas Cook et Aventuria. A partir de 150 $/chambre la nuit en direct. www.lacaleauclaire.com

La Pourvoirie du Lac Blanc
18 chambres à l’auberge (certaines pour 4 personnes) et 12 chalets de 4 chambres ; Moto-neige, pêche blanche, avion sur ski l’hiver ; pêche, canoë, pédalos, vélo ou observation des animaux sauvages l’été. A partir de 90 $ canadien la chambre en base double. www.pourvoirielacblanc.com

Le Sacacomie
Quelques 109 chambres, dont 9 mini-suites, trois suites exécutives et une suite présidentielle. Les hébergements les plus luxueux sont aussi ceux qui disposent de la plus belle vue sur le lac, quelque peu occultée par les arbres dans les chambres standards. Les mini suites (à partir de 300 $ canadien la chambre + 99 $/personne en demi pension) sont toutes équipées d’un jacuzzi dans la chambre, d’une cheminée avec stock de bois et d’un balcon. www.sacacomie.com

▪ L’Auberge du Lac Taureau
Dix ans d’âge, 100 chambres qui viennent d’être rénovées, l’Auberge du Lac Taureau fonctionne volontiers en forfait, comme une escale à partir de laquelle on peut partir à la découverte des lacs et des forêts alentours. Sur place, multi activités hiver comme été, y compris une patinoire extérieure, un spa et une piscine intérieure avec bain à remous. A partir de 118 $ canadien le forfait nuit/petit dej/diner par personne. www.lactaureau.com

Un séjour féminin aux accents du grand blanc


Jeudi 17 Février 2011
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