Faut pas pousser les caribous dans les orties

Maud se souviendra toute sa vie de son dernier voyage à Québec : venue voir sa fille en stage, cette touriste française de 54 ans, résidant en région parisienne, a voulu faire un trait d’humour avec le douanier qui lui demandait, en soupesant son sac particulièrement lourd, si elle transportait des matières dangereuses ou des munitions.



A cette question, Maud répondit en souriant : « J’ai des fusils ». Trois mots qui l’envoyèrent directement devant le juge André Plante qui, visiblement, n’apprécia pas l’humour noir de Maud en lui rappelant : « qu’au Canada, depuis le 11 septembre, on ne rigole plus avec ces choses-là ». Au final : une nuit en prison, un sermon suivi d’une absolution de la justice canadienne et un don de 100 $ au Centre d’aide des victimes criminelles. Maud s’en tire plutôt bien. D’autant qu’au Québec, c’est la quatrième plaisanterie de ce type en moins d’un mois, et que la justice canadienne entend bien multiplier les exemples dissuasifs. Et trois des humoristiques sont francophones. Jacqueline Bannister, la porte parole de l’administration canadienne rappelle que ce type de plaisanterie « est une infraction au code criminel ». Aux USA, la même réponse aurait conduit Maud pour 60 jours en prison, sans possibilité de sursis, avec une amende de 2500 $. Autant s’en souvenir avant d’ouvrir bêtement la bouche !

Marcel Lévy
ml@vacancespratiques.com

Dimanche 23 Avril 2006
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