Faut-il éviter la Pologne ?

Face à une montée de l’intégrisme teintée de xénophobie et d’antisémitisme en Pologne, un mouvement discret mais qui va en s’amplifiant invite les européens à boycotter la Pologne.



Lancé aux Etats-Unis par de puissantes organisations juives, relayées en Europe par des mouvements humanistes, le boycott demandé de la Pologne montre clairement du doigt un pays qualifié de « terre de haine » par le pasteur américain Williams Wers. Faut-il prendre le tourisme en otage pour régler un problème de société qui, sans le nier ou l’éliminer d’un geste, semble un phénomène lié avant tout à la personnalité d’un prêtre, militant et patron de presse ? La question est difficile. La réponse tout autant. Si l’on puise dans l’histoire, force est de constater que les relations de la Pologne avec les juifs ou les tziganes ne se sont jamais déroulées en toute sérénité. Mais le passé ne fait pas l’avenir. L’engagement de l’Allemagne aujourd’hui prouve bien que les enfants ne sont pas responsables des actes, fussent-ils horribles, de leurs parents. Il en va de même avec les nouvelles générations, porteuses d’espoir et d’ouverture. C’est cette Pologne là qu’il faut voir. Sans doute, si elle devait basculer elle aussi vers des extrêmes inacceptables, l’appel au boycott paraîtrait-il juste. Mais juger sans voir est dangereux. Eviter la Pologne sans chercher à comprendre serait stupide. C’est notre solidarité qui balaye les mauvais démons. L’oublier serait annoncer leur retour.

Marcel Lévy
ml@vacancespratiques.com

Jeudi 25 Mai 2006
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