Violences gratuites



Un touriste français a été tué ce dimanche à Ispahan. Un jeune homme : 24 ans. Parce qu’il était étranger, parce qu’il se trouvait simplement au mauvais endroit, au mauvais moment ? Officiellement, les autorités iraniennes annoncent sans plus de détails qu’il a été abattu par un meurtrier appartenant à un groupe ayant commis des vols à main armé dans la ville, l’une des plus touristiques du pays. Faut-il aussi renoncer à se rendre en Iran ?

Le jeune homme voyageait avec son épouse, "Il se trouvait en compagnie de sa femme au terminal de bus d'Ispahan et devait se rendre à Yazd" dans le sud du pays, selon l’agence iranienne Fars qui ne donne pas d'explication au geste du meurtrier. Malheureuses circonstances ? Ce n’est pas la première fois que des touristes sont tués en Iran, et le site du Quai d’Orsay conseille quelques précautions : « Il est recommandé de limiter le tourisme individuel aux circuits traditionnels de destination touristique et d’éviter, outre le Sistan-Balouchistan - où il est interdit aux étrangers de résider, de travailler et de voyager - les zones frontalières avec le Pakistan, l’Afghanistan et l’Irak». Précisément : Ispahan est loin des frontières, au centre du pays, et c’est effectivement une ville touristique. Julien et son épouse n’avaient donc pas commis d‘erreur. Et même s’il est toujours délicat de voyager dans un pays aussi sensible et parfois difficile à comprendre que l’Iran, où les règles ne sont pas toutes écrites, rien ne pouvait annoncer pareil drame. Le crime relancera sans nul doute le débat sur l’utilité d’un tel voyage. Manifestement les jeunes gens avaient soif de découvrir une culture différentes et leur mode de transport annonce une envie de rencontre sans doute hors des sentiers battus. L’essence même du voyage. Faut-il pour autant se limiter à Bécon les Bruyères ? A chacun sa réponse.

Anne le Goff
alg@vacancespratiques.com

Lundi 10 Décembre 2007
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