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Vacances, main basse sur les prix




Quoiqu’en pensent les voyagistes, l’été 2009 sera celui des prix. Des prix en baisse. Des prix qui attendent le chaland et qui tirent vers le bas les références tarifaires que, vous et moi, avions sur certains pays du monde. La Tunisie à moins de 350 € la semaine, le Maroc au même prix sans oublier l’Espagne, devenue si coûteuse au fil des ans et de l’euro, voici les tarifs dont il faut profiter. Et il y a plus encore : du long courrier deux fois moins cher, des enfants invités gratuitement et des couples qui ne payent qu’un voyage sur deux. Comment, raisonnablement, les professionnels pourront-ils remonter la pente ?

2009 pose de façon intense la traditionnelle remarque que se font les consommateurs français au moment des braderies : « Pour vendre aussi bas aujourd’hui, les voyagistes ont du gagner beaucoup d’argent avant ! ». Sans doute vrai pour certains. Pas pour tous. Certes l’été était une période traditionnellement attendue pour faire remonter son chiffre d’affaires. Face à la demande, les prix grimpaient comme la température du moment. En deux ou trois mois, il fallait engranger près de 30 à 40 % du chiffre d’affaires annuel. De la simple glace sur la côte d’Azur à la chambre d’hôtel, tout était bon pour « matraquer » le consommateur qui, faute de choix, y allait de ses «francs» puis de ses «euros».
Pour autant, croire que les voyagistes roulaient sur l’or serait une erreur grave. Comme les consommateurs, les TO achetaient au plus haut leurs séjours d’été. Ils n’avaient ni cadeaux tarifaires ni avantages. Aujourd’hui, ils peuvent vendre moins cher car ils achètent à meilleurs prix. La chaîne va dans les deux sens.
Ce qui est certain, c’est que la maturité du vacancier, évoquée dans les années 2000 par les sociologues, est devenue une réalité. Monsieur tout le monde, vous et moi, savons aujourd’hui bien acheter. Nous avons appris à attendre, à comparer, à nous adapter. La crise n’a fait qu’exacerber notre savoir choisir. Une fois de plus, le client est en avance sur le professionnel qui, faute de s’adapter, n’aura pas d’autres choix que de laisser sa place a de nouveaux entrants souvent plus rompus aux nouvelles méthodes de consommation touristique.

Marcel Lévy

Lundi 6 Juillet 2009