vacances pratiques


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Une claque au click


La très célèbre université de Stanford, à Palo Alto en Californie, vient de lancer un pavé dans la mare du tout technologique. Dans son édition 2008 du célèbre « white paper for the future », sorte d’analyse prospective pour l’année à venir, le doyen met en garde ses étudiants contre la tentation du tout électronique, restrictive et dangereuse.



« Ne pas confondre l’outil avec l’essentiel » écrit en ouverture l’homme de l’art qui précise « la technique est là pour mettre en œuvre des idées pas pour remplacer l’homme ». En près de 30 pages, John L. Hennessy explique qu’il faut se méfier de cette tendance du tout internet qui fait oublier que chacun des étudiants se doit d’évoluer en fonction de ce qui est bien pour la collectivité et non pas en fonction de ce qui est bien pour ses finances. Autre aspect du texte, le partage entre l’écrit et l’internet. Pour le doyen, croire que le papier va disparaître est une erreur grave. « Il faut réinventer l’écrit comme on l’a fait du numérique », et d’ajouter que « 2000 ans d’histoire et d’habitudes liés au papier ne disparaîtront pas en un siècle d’internet ». Le document, il est vrai, est une réflexion qui n’a pas pour ambition de donner une ligne de travail aux étudiants. Stanford se veut ouvert aux nouvelles idées et rappelle que les fondateurs de Google sont passés par là « et retenus la leçon du bien être collectif en développant la gratuité d’accès aux utilisateurs, nécessaire à la diffusion du savoir ». Mais le livret se veut aussi une mise en garde contre la course folle vers le tout internet. Le livret annonce des cadavres technologiques et précise même que l’innovation est vaincue d’avance par le temps : « celui qui avance inexorablement et celui de ceux et celles qui utilisent les nouvelles technologies et qui n’est pas sans fin » ! Enfin, l’ouvrage termine en revenant sur terre, avec humour, et explique que « dépenser 1 million de dollar pour gagner 1 million de dollar est une mauvaise affaire. Dans tous les pays du monde ». Il faudrait le dire à certains pros de la vente en ligne de voyage qui courent aujourd’hui encore après les bénéfices.

Marcel Lévy
ml@vacancespratiques.com

Mercredi 23 Janvier 2008