vacances pratiques


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Un vrai retour à l'authentique




Il y a des frémissements qui annoncent généralement des tendances profondes, capables de modifier sensiblement nos habitudes de voyages. Depuis quelques mois et particulièrement depuis cette fin annoncée des années »bling bling », une grande partie des voyageurs s'est mise à la recherche de destinations authentiques qui privilégient la rencontre humaine et le sens de l'accueil. Un vrai retour à l'authentique.

Ce n'est pas le fruit du hasard si l'on entend de plus en plus souvent parler de régions françaises, de pays, d’itinéraires dont la qualité première est de mettre en avant des traditions ou des espaces encore vierges du tourisme de masse. Sans tomber dans le panneau qui voudrait laisser croire que chaque voyageur est devenu un explorateur à part entière, on voit bien que les familles apprécient de plus en plus souvent d'être isolées dans des cabanes, des roulottes ou autres hébergements originaux que proposent les voyagistes. Ensemble, au plus près de la nature. On pourrait mettre cela sur le (bon) « dos » de ce tourisme durable ou équitable dont la montée en puissance est incontestable et qui sait, de plus en plus, associer qualité et intégration des règles environnementales.
Mais l'authenticité, va plus loin que le seul respect de quelques règles de construction ou de protection. L'humain, part prépondérante de tout voyage, est également revenu sur le devant de la scène après des années de « bronzing » sur des plages surchargées ou le voisin était considéré, comme dans le métro l'ennemi à bousculer. La rencontre n'est plus seulement basée sur la curiosité mais avant tout sur la compréhension. C'est une découverte sociétale, un échange, un sens de la générosité qui séduit de plus en plus les Français qui voyagent. L'Asie, et plus particulièrement Bali ou la Chine, deviennent des buts pour des circuits et chemins culturels. Tout cela, les voyagistes l'ont parfaitement compris. Et pour éviter d'être taxé d'opportunistes, ils se sont pour beaucoup impliqués avec des associations locales pour éviter de transformer en Disneyland ces lieux de vie quotidien. Les résultats sont là. Après leur retour en France, bon nombre de voyageurs s’impliquent dans des échanges avec leurs «nouveaux amis». Les clients adorent et en redemandent. Leurs enfants, élevés au principe du durable, comprennent mieux ce qu'échanger veut dire et ce que protéger exige. C’est sans doute la plus belle vertu touristique, au sens noble du mot, de ce début d'année 2010. Et en cette semaine du Développement durable qui débute, nous ne pouvions que le souligner.

Annie Fave

Jeudi 1 Avril 2010