Un million d'euros pour 5 mois à Jolo

Le voyagiste Ultramarina a été condamné à un million d'euros de dédommagement pour les 3 touristes qui ont été pris en otage d'avril à septembre 2000 à Jolo, aux Philippines. Il est accusé d'avoir manqué à son "devoir d'information".



Les faits remontent à 2000: le 14 avril, le Quai d'Orsay met en rouge l'Archipel des Iles Sulu sur son site internet. Une semaine plus tard, un homme et deux femmes partent faire de la plongée et sont enlevés. Ils passent 5 mois dans la jungle, avec d'autres otages occidentaux puis des journalistes, enlevés eux aussi alors qu'ils venaient couvrir l'événement. Parce qu'il y a eu alerte du Ministère des Affaires Etrangères, le Tribunal de Grande Instance de Paris estime qu'il y a eu manquement au devoir d'information. Pour les juges, le voyagiste aurait du savoir "l'attrait financier que représentait pour les pirates l'arrivée sur l'île de Sipadan de touristes étrangers". Mais "Nous ne pouvons pas être responsable de tout", remarque René-Marc Chikli, le Président du Centre des Tours-Opérateurs qui conseille les voyagistes. Le fait est que l'assureur Axa et le voyagiste Ultramarina vont devoir faire appel s'ils veulent éviter de laisser s'installer une jurisprudence dangereuse pour leur métier. La plupart des voyageurs votent la prudence avec leurs pieds, en renonçant aux destinations réellement dangereuses. Ceux qui suivent les indications du Ministère, ce jeudi, n'iront ni en Pologne, ni en Espagne, ni au Liban! La plupart du temps le site du Quai est en décalage avec la réalité du terrain, que connaissent mieux les voyagistes et leurs correspondants sur place. "De plus en plus, nous avons du mal à déconseiller des destinations que les voyageurs réclament", souligne le patron du Ceto. Le risque a été intégré comme une part du voyage.

Anne Le Goff
alg@vacancespratiques.com

Mercredi 7 Juin 2006
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