Un cht’i coup au moral



J’attends avec curiosité le premier papier d’un journaliste qui criera son ras le bol de la mode «cht’i» qui envahit la France. Un de ceux qui dira, haut et fort, qu’il n’ira pas passer ses vacances dans le nord, qu’il se fout des beffrois et des frites, qu’il ne s’intéresse pas aux ciels plombés ou qu’il se moque de la brique rouge ! Un de ceux qui pensent que la vraie vie commence au Sud, une fois passée la Loire. Bref, un fou prêt à se faire lyncher médiatiquement. Je le jure, ce ne sera pas moi.

«Vous savez», me dit un patron de restaurant corse dans la capitale, «L’effet cht’i me rappelle la tendance I’Muvrini des années 2000. La France entière chantait la main collée à l’oreille et le maquis Corse devenait en une année le dernier endroit à la mode». C’est vrai que nos amis du Nord n’y vont pas de main morte. Randonnées, week-end gastronomiques, séjours à thème, expos photos. Tout est fait pour attirer le visiteur. Le Nord est devenu The lieu ou il faut aller, faute de passer pour un ringard. Même moi, j’ai succombé. J’ai d’abord cherché un copain «cht’i» comme alibi. Par chance j’ai un pote portugais qui vit à Lille. C’est mieux que rien. Pire, chez moi, j’ai mis tout le monde au régime endives et dès que le mot «nord» est inscrit sur un paquet de pommes de terre : j’achète. Même mon voisin s’est mis à la bière. Il a eu une remarque de la concierge qui n’aimait pas ses packs de coca. Après, je ne sais plus quoi faire. Depuis deux semaines, je regarde la presse people à la recherche d’une info salvatrice. La journée d’hier m’a comblé. Il paraît qu’ils veulent faire un Brice de Nice 2.
Vite, monsieur le réalisateur, vite, s’il vous plait !

Marcel Lévy
ml@vacancespratiques.com

Samedi 12 Avril 2008
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