vacances pratiques


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Un avis sur tout et surtout un avis…




Il est parfois intéressant de se pencher sur le nombre d’âneries que peuvent débiter nos chefs d’état européens sous couvert de jouer les libres penseurs loin du politiquement correct ordinaire. J’en veux pour preuve les dernières déclarations de M. Blair, premier ministre de Grande Bretagne, qui considérait hier comme « un sacrifice irréaliste » le fait de ne pas ou peu prendre l’avion pour effectuer de longues distances pour partir en vacances….

Pour ceux qui l’ignoreraient encore, Tony venait juste de rentrer, tout chaud, tout bronzé, d’un séjour dans sa résidence de Floride où, vous vous en doutez, esprits malins que vous êtes, il ne s’y était pas rendu à la nage. Mais vous me voyez arriver avec anxiété et vous vous dites : « Encore une adepte de Nicolas (Pas Sarkozy, l’autre) qui va encore nous rabattre les oreilles avec la pollution des avions et le fait qu’on devrait tous demain, revenir à la charrette à bœufs sous prétexte de ne pas salir la planète… » Eh bien non. Soyons réalistes : comme le pdg de la compagnie low cost Ryan Air, je pense sincèrement qu’il vaut mieux trouver des moyens de rendre l’avion moins polluant plutôt que de prôner la suppression pure et simple de ce moyen de transport.

Non, mon propos, cette fois, est ailleurs. Il se situe plutôt au niveau de la décence. Celle qui consiste à envisager, quand on est à la tête d’un pays, fut-il développé, de mesurer ses propos. Et de se souvenir que l’avion et les destinations exotiques et ensoleillées toute l’année ne sont pas le lot quotidien de tous ses concitoyens. Comme si Jacques Chirac, demain, devait clamer haut et fort, qu’il n’y a pas de vacances possibles pour le commun des mortels hors d’un séjour de trois semaines dans un palace à l’île Maurice…

Vous allez me dire : soyons indulgents. C’est vrai que si on interdisait l’avion à Tony Blair et sa famille pour les vacances, les possibilités seraient, de fait, très limitées… Parce que, en train, de Londres, il reste quoi ? La Cornouaille, l’Ecosse ou le Pays de Galles. Plus, avec l’Eurostar, la Bretagne ou la Normandie (Il ne faut pas négliger les effets bénéfiques du changement de pluie). Mais tout de même, l’irréaliste, Monsieur Blair, c’est plutôt vous ! Bien des Britanniques, faute de moyens, ne prennent pas l’avion pour partir en vacances. Certains prennent la voiture ou le train ou bien encore, comble de l’horreur, restent chez eux faute d’avoir les finances pour se rendre seulement jusqu’à Brighton.

Alors, de grâce, avant de parler et de vous exposer torse nu et bronzé sur tous les tabloïds de la planète, Monsieur Blair, prenez le temps de réfléchir. Et loin ou non, en train ou en avion, Monsieur le Premier Ministre, reprenez des vacances. De longues vacances.

Stéphanie Clément
scg@vacancespratiques.com

Mercredi 10 Janvier 2007