Turbulences affectives



Dans l’avion comme ailleurs, c’est toujours plus confortable chez les autres. Le siège du voisin a l’air plus moelleux, son écran plus lumineux et son steak mieux cuit. Dans l’avion comme ailleurs, les femmes sont plus tolérantes que les hommes quand il s’agit de supporter les enfants des autres. Dans l’avion comme ailleurs, les hommes préfèrent être dorlotés par Adriana Karembeu que par Maïté, les femmes par Brad Pitt que par Jean-Pierre Coffe. Trois clichés mis en évidence par une étude portant sur les attentes des passagers en avion.


Réalisée par le cabinet Synovate sur dix mille voyageurs à travers le monde, l’étude tente de décrypter les passagers aériens. En tête des résultats, la volonté de pouvoir changer de siège. Près des trois-quarts des personnes interrogées souhaiteraient avoir le choix une fois à bord de l’avion. Velléité légitime lorsque l’on a déjà voyagé à côté d’un passager qui continue à vous parler alors que vous placez les écouteurs sur vos oreilles, ce qui, pour ceux qui ne l’auraient pas compris, est une manière polie de dire «vous me gonflez tellement que je préférerais encore sauter de l’avion sans parachute que de vous écouter une seconde de plus». Et nous n’aborderons pas la traditionnelle lutte pour l’usage exclusif de l’accoudoir central, où chacun mène une guerre silencieuse pour récupérer son dû entre deux courtoisies hypocrites. Résultat inattendu, deux tiers des personnes interrogées révèlent ne pas être agacées par la présence d’enfants dans la cabine. Les britanniques décrochent le mauvais rôle et sont 55% à être «frustrés» par cette proximité. Difficile de leur en vouloir. Petit conseil à nos voisins outre-manche : quand une mère vous demande d’un ton contrarié si son fils ne vous dérange pas trop, faîtes non de la tête en mettant vos écouteurs sur les oreilles. Ce qui, pour ceux qui ne l’auraient pas compris, est une manière polie de dire «il me gonfle tellement que je préférerais le jeter de l’avion sans parachute plutôt que de le supporter une seconde de plus». Mais si il y a bien une chose sur laquelle les voyageurs se rejoignent, c’est la préférence pour le siège hublot plutôt que le couloir. Visiblement, la plupart d’entre eux ont déjà eu à faire à ce membre du personnel naviguant qui, en se penchant pour s’occuper du passager de l’autre côté de l’allée, vous colle son postérieur si près du visage que vous pourriez dire combien de maille son pantalon compte au cm² si vous n’étiez pas occupé à prendre l’air totalement détaché de celui qui n’a rien vu.
Et pour finir, Synovate nous fait part d’une extrapolation de ses résultats basée sur «son expérience dans le domaine» : si seulement 3% des répondants affirment que la beauté du personnel est ce qu’ils préfèrent pendant un vol, une grande proportion admettrait malgré tout que cela fait partie intégrante du plaisir de voler.

Alexis Dufour
ad@vacancespratiques.com

Mercredi 15 Octobre 2008
pub
pub