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Faire payer aux passagers des avions une «contribution» pour aider au reboisement de la planète. Une idée émise à Cannes par l’ancien patron de Iata Pierre Jeanniot, qui voudrait ainsi aider son industrie à se construire une image plus verte. Oui, mais qui va encore payer ?

Pierre Jeanniot est loin d’être un plaisantin : ancien patron de l’Association des compagnies aériennes Iata, ancien patron d’Air Canada et membre de plusieurs conseils d’administration, ce canadien à la voix profonde et rocailleuse en impose par une certaine stature et ses cheveux blancs. Et voici donc son idée : faire payer 2 euros aux passagers pour les vols domestiques, 8 euros pour les longs courriers. Une taxe (« non, contribution, je vous dis », insiste Pierre Jeanniot) qui pourrait être modulée selon les distances et permettrait de recueillir au bas mot quelques 6 milliards d’euros auprès du milliard et demi de passager qui empruntent le ciel chaque année pour se déplacer. Objectif : verdir la planète. Rien moins que créer une « ceinture verte » au Sahel : 5000 kilomètres de long, 10 kilomètres de large, une façon de contribuer à la lutte contre le CO2 puisque les experts climatiques s'entendent pour dire que seuls des projets de reboisement à grande échelle peuvent entraîner une réduction substantielle des gaz à effet de serre. « Cet engagement pourrait susciter l'enthousiasme du public voyageur. Cela deviendrait la principale contribution de l'industrie à l'environnement », souligne Pierre Jeanniot. Une idée généreuse, certes. Utopie environnementale, mais généreuse. Mais... aux frais de qui, cette virginité des compagnies aériennes ? Après les surcharges pétrolières, les taxes de sécurité, la taxe Chirac pour financer la lutte contre le Sida, une taxe verte ne va t-elle pas faire sursauter le passager, ce cochon de payant ?

Annie Fave
af@vacancespratiques.com

Vendredi 19 Octobre 2007