vacances pratiques


Version imprimable

Travailler plus pour voyager plus




Le touriste est dans le pré, cours-y vite, cours-y vite. Le touriste est dans le pré, cours-y vite il va filer. Si tu veux le faire bosser, cours-y vite, cours-y vite. Si tu veux le faire bosser, cours-y vite il veut wwoofer. Contre le toit et la potée, cours-y vite, cours-y vite. Contre le lit et la béquée, cours y vite il t’est dévoué !

Il ne s’agit pas vraiment d’une nouvelle chanson populaire, ce n’est pas non plus la suite du film d’Etienne Chatillez, mais bien une forme alternative de tourisme qui se développe et dont la légitimité ne cesse d’augmenter à mesure que le pouvoir d’achat diminue. Pratiquer le Wwoof, c’est échanger quelques heures de labeurs quotidiens dans les champs d’une ferme d’agriculture biologique, contre le gîte, le couvert et la promesse d’un échange qu’il soit professionnel, culturel, ou simplement humain et amical. Véritable réseau international, le World Wide Opportunities on Organic Farms, en français «aides bénévoles dans des fermes biologiques» permet de voyager autrement tout en s’immergeant dans un monde rural et dans une ambiance écolo. Les hôtes accueillent les voyageurs comme des amis, et ceux-ci donnent en contrepartie de leur temps – 4 à 6 heures par jour – pour participer aux différentes tâches sur la propriété ou l’exploitation. Il n'y a cependant aucune obligation pour le wwoofeur d'effectuer une tâche, en cas de faiblesse d'un membre ou d’une allergie par exemple. Pour un échange optimal, il est conseillé de discuter en amont avec les hôtes des attentes de chacun. Mieux vaut savoir avant de se lancer dans l’aventure que le wwoofing n’a en France aucun statut légal. Les abus type surexploitation sont donc possibles, bien qu’extrêmement rare selon le Wwoof France.
Pratiqué officiellement dans 23 pays, de la Suède à la Nouvelle-Zélande en passant par Hawaï, le Wwoof est encadré par une structure éponyme propre à chaque contrée. Et si les artisans de cette association indiquent clairement qu’aucun des deux partis ne doit percevoir d’argent, il faut malgré tout mettre la main au portefeuille pour devenir un wwoofeur (15 €), notamment pour disposer de la liste des adresses qui le pratiquent. Eh oui, alternatif ou pas, business is business.

Alexis Dufour
ad@vacancespratiques.com

Lundi 13 Octobre 2008