vacances pratiques


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Traducteur, le retour




La pratique était suspendue depuis deux ans, elle a de nouveau court en Libye : un décret paru subitement dimanche dernier ré-instaure l’obligation de traduire en arabe des passeports qui ne sont pas dans cette langue. Un surcoût pour les voyageurs…et une surprise pour les voyagistes !

Le décret a été publié alors même qu’un avion hebdomadaire était en vol pour Sebha, dans le sud de la Libye. Les 175 passagers du vol Air Méditerranée n’ont pas eu le droit de débarquer, et les 87 autres qui devaient repartir n’ont pas eu le droit d’embarquer. Ils sont restés bloqués sur place jusqu’à lundi soir, le temps d’une intervention du Quai d’Orsay. Une mauvaise affaire pour les touristes et les voyagistes qui les avaient envoyé dans le désert… Annulation des vacances pour les uns, allongement du séjour pour les autres, pas de quoi donner bonne presse à la destination qui, pourtant a bien des atouts.
Il faut donc reprendre l’habitude, suspendue il y a deux ans, de faire faire une traduction assermentée de son passeport, ce qui coûte en moyenne 40 € pour la traduction + 10 € pour sa certification. De quoi faire marcher le petit commerce. Petite surprise : alors que Go Voyage, qui affrétait le vol, affirme ne pas avoir été prévenu à temps, la compagnie libyenne Afriqiyah propose un service de traducteurs en poste à son comptoir de Roissy pour les départs du jour. Comme quoi le téléphone arabe, çà marche !

On peut comprendre les besoins des douaniers qui ne lisent pas toujours notre écriture. On peut s’interroger sur leurs capacités à se passer de traduction durant deux ans… Ou encore sur le caractère subi de la décision libyenne de rétablir la traduction. Le téléphone passe mal, entre Tripoli et Paris ?
Contrairement aux engagements du présidents, plutôt que des centrales nucléaires pourquoi ne pas repenser à des centraux téléphoniques. Eux, au moins, on est certain qu’ils serviront.

Anne Le Goff
alg@vacancespratiques.com

Jeudi 15 Novembre 2007