Tozeur, à la rencontre du désert

Une oasis au milieu des sables, à la croisée d'un désert de dunes, d'un désert de pierres et d'un désert de sel : voici Tozeur, exceptionnelle palmeraie de trois étages à 2h30 de vol de Paris. Une destination à redécouvrir pour les amoureux du désert, à découvrir pour ceux qui ne connaissent pas cette Tunisie de l'intérieur des terres. La compagnie Transavia vient d'inaugurer un vol qui la met à 140 € aller-retour de Paris. Il n'y a vraiment plus de raison de ne pas y aller !



Tozeur, à la rencontre du désert
Privés de Mauritanie, de Niger, de Libye mais aussi d'une partie de l'Algérie ou d'Egypte, les amoureux du Sahara peuvent refaire leur sac pour des treks dans les dunes, les erg et les chott : Tozeur rouvre ses portes avec la relance cet hiver d'un vol direct deux fois par semaine tous les lundi et vendredi entre Paris Orly-Sud et Tozeur. Transavia est la seule compagnie low-cost à proposer cette destination des portes du désert et dès le 11 novembre, son rythme de rotation va permettre d'imaginer de longs week-ends d'escapade ou des semaines lundi/vendredi, et plus si affinités. Embarquement immédiat pour une destination qui mérite une re-découverte.

Une palmeraie en plein désert

Le minaret ciselé de briques
Le minaret ciselé de briques
Sous l'aile de l'avion qui va atterrir, un immense désert de pierres et de sable avant un alignement dense de palmiers, comme une bouffée de verdure qui tremble sous la chaleur: bienvenue à Tozeur, une Tunisie qui a su garder son authenticité et où les sourires s'épanouissent à la vue de touristes en cette fin octobre 2011.
Quelque peu désertée par les tour-opérateurs depuis le début de l'année, la petite ville aux 400 000 palmiers-dattiers et 200 sources a bien envie de faire rouler ses calèches pour accueillir les amoureux du désert ! De nombreux hôtels sont fermés, en cette période de crise, mais les activités sont prêtes à reprendre à la première étincelle. Ce sera peut-être la reprise de ce vol très attendu qui va nous permettre, à nous européens, de repartir à la découverte de l'Oasis.

Première étape, le Palm Beach, très bel hôtel organisé autour d'une immense piscine bleue, ancien Sofitel. Un 4 étoiles doté d'un spa, en centre-ville, une adresse classique mais facile, au service soigné.

Les ruelles de Tozeur
Les ruelles de Tozeur
A portée de pieds ou de quelques tours de roues de calèche ou de taxi, voici le cœur de Tozeur et ses jolies maisons de briques façonnées à la main. Ce sont ces briques qui signent tout le caractère de la ville en dessinant sur les façades des figures géométriques qui rivalisent d'esthétique, donnant au soleil des reflets roses. Même le haut minaret de la ville est confectionné de cet argile mélangé à la terre et à la cendre du palmier.

Les rues étroites de sable sont fraîches sous le chaud soleil d'automne et serpentent vers les places où les hommes en terrasse tapent le carton et fument la chicha en attendant un éventuel travail. Le souk Rebaa bruisse de la vivacité des vendeurs, pour essayer de placer un tapis, un tissus, proposer des foulards. A noter particulièrement une enseigne, Alef Déco, qui propose un joli artisanat revisité d'un caractère contemporain. Des bijoux de sacs, des ronds de serviette en étain brillant étamé, des serviettes de hammam. Du caractère en toute modernité.

Les dattes sont protégées de la gourmandise des insectes par des filets
Les dattes sont protégées de la gourmandise des insectes par des filets
Plus loin, des étals de dattes, l'autre signature de la ville après la brique. Ce sont des Deglet Nour, la plus belle variété du pays, appelées aussi "les doigts de lumière" pour leur transparence. Elles font la richesse de Tozeur et méritent bien le très joli musée Eden Palm qui leur est consacré. De très jolies salles très aérées détaillent les données botaniques de l'herbe géante et fructifère, la vie des dattes et leur production.
Un passage dans les jolis jardins permet de comprendre comment l'astuce de l'homme lui a permis d'imaginer une culture en 3 étages: les palmiers dattiers, très hauts, abritent les arbres fruitiers (grenadiers, abricotiers, figuiers,... ) qui protègent de leur ombre le potager où poussent persil, courgettes ou tomates.

Autre musée à voir à Tozeur, Dar Cherait qui rassemble dans un cadre grandiose de nombreux témoignages de la civilisation Tunisienne : habits traditionnels, bijoux etc… Une sorte de musée des arts populaires, un peu kitsch parfois mais reconstituant dans le détail la vie traditionnelle de la Palmeraie et de ses environs, sa vie sociale et ses coutumes.

Tozeur, à la rencontre du désert
Un dernier endroit mobilise beaucoup les touristes à Tozeur, le golf. Pas très écologique a priori, cette grande étendue verte ici mais on nous garantit que le parcours de 18 trous, dessiné par Ronald Fream, est arrosé à l’eau recyclée pour préserver la nappe phréatique. Et les 25 hectares de gazon ont été imaginés, palmiers inclus, pour illustrer l'environnement naturel de la palmeraie et ne pas oublier où l'on joue. Les obstacles formés par des murs de roche apportent du piquant au jeu. En particulier, le trou n°3, accessible par neufs positions de départ différentes, est typique de ce qu’une expérience saharienne peut procurer de rudesse et d’émotion…

A la rencontre du désert

La vue depuis les rochers de Chebika
La vue depuis les rochers de Chebika
Si la petite ville est jolie, le désert et ses immenses étendues nous appellent. De nombreuses excursions sont organisées pour sillonner les environs très variés puisque Tozeur est à la porte du désert de sable blond des dunes de Douz, du désert de pierres aride et secs et du désert de sel de Chott el-Djerid. Ainsi le Barclay's Group Travel propose de partir en 4X4 à la découverte des oasis de montagnes de Chebika, Tamerza et Mides, pour la visite du vieux village, des canyons et des cascades.

Le Lézard rouge dans les gorges de Selja
Le Lézard rouge dans les gorges de Selja
Autre découverte sur une grosse demi-journée, Metlaoui et la découverte des gorges de Selja sur le « Lézard rouge ». Ce train fut construit en France en début du vingtième siècle (entre 1911 et 1926) et fut offert au bey de Tunis pour ses déplacements entre le Bardo, Tunis, Hammam-lif et La Marsa. Après l'indépendance de la Tunisie en 1956 et la proclamation de la République en 1957, ce train qui représentait un symbole colonial et monarchique fut abandonné pendant des années pour réapparaitre en 1975 en train touristique. Le parcours dure deux heures et constitue un vrai retour dans le passé avec un paysage surprenant et magique.

Tozeur, à la rencontre du désert
Envie d'insolite ? Voici l’oasis d’Ong El Jemel. Les fans de Star Wars ne sont pas déçus. Apres une piste de 17 km dans le désert sur de la tôle ondulée nous nous retrouvons sur "Tatooine", le village d' Anakin Skywalker. C'est en effet dans le désert tunisien, à 35 km de Tozeur et 14 km de Nefta, que Georges Lucas a planté son décor pour ses films de la guerre des étoiles. Tatooine est devenue un lieu de pèlerinage pour les adeptes de la science fiction et des effets spéciaux. Les décors sont toujours là et bien entretenus par l'office du tourisme tunisien qui a placé des gardiens en permanence. En réalité, ce village voisin se nomme Ong el Jemel (le cou du chameau).

Tozeur, à la rencontre du désert
Et puis il y a, à seulement 10 km au Sud de Tozeur, ce Chott el Djerid, un désert de sel qui marque l'emplacement de la mer. Lorsqu'il pleut, un lac revient vite mais l'évaporation est intense et le plus souvent, l'air vibre au dessus des miroitements du sel, donnant ces fameux mirages sur la plaine salée. Le Chott el-Djerid vaut, à lui seul, le déplacement.

Annie Fave

S'envoler pour Tozeur

Cette relance de la destination Tozeur a une histoire, celle de la rencontre et d'une amitié entre le ministre Tunisien du Tourisme Mehdi Houas et du patron de la compagnie Lionel Guérin. Sensible à l'engagement de la compagnie Transavia.com qui n'a jamais renoncé à desservir la destination au moment du printemps arabe, le Tunisien a souhaité soutenir son désert et sa population, quelque peu abandonnée par les touristes, en passant un accord sur mesure avec le transporteur. Ils ont signé pour un partage des risques très inhabituel entre les politiques et les compagnies, permettant à Tozeur de rester sur la carte des destinations accessibles à bon prix. Le prix d'appel du vol Paris-Tozeur aller-retour est en effet à 140 € TTC, accessible pour les Français mais aussi les Tunisiens qui souhaitent utiliser les vols retour pour venir en France (300 dinars sur place). Les prix les plus hauts, si les vols sont pleins, atteindront 250 € TTC aller-retour. Comme Tozeur n'est qu'à 35 minutes de Djerba, il n'est pas interdit d'associer une découverte de l'île à cette exploration du désert.
Le vol débute le 11 novembre et sera jusqu'au 16 décembre triangulaire Paris/Tozeur/Djerba. Il sera direct durant les vacances pour reprendre sa triangulaire jusqu’aux vacances de février. Les passagers peuvent d’ores et déjà effectuer leur réservation sur le site internet de la compagnie ou auprès du centre d’appel au 0892 058 888 (0,34€/min).

Tozeur, à la rencontre du désert
Des adresses inattendues

A 25 km de Tozeur (un quart d'heure de l'aéroport de la ville), Nefta et ses 100 coupoles, ville de méditation et de spiritualité. Deux adresses y attirent l'attention, dans un genre fort différent.

Surplombant l'oasis sur une dune de sable, Dar Zargouni est une maison d'hôtes qui porte le nom de la famille qui l'a imaginée. Faite de ces briques typiques de la région, quatre suites entourent deux patios dans un jeu astucieux d'ouvertures qui permettent de ventiler naturellement les chambres. Chaque suite dispose d'une immense salle de bain d'esprit bain maure. Un maître des lieux, un chef cuisinier, une femme de ménage et un jardinier sont là pour assurer un service à la fois présent et discret. On est un peu comme à la maison, ailleurs. L'endroit se privatise totalement et permet d'imaginer emmener sa tribu aux portes du désert, mais au bord d'une piscine à débordement. Chic et très charme. De 80 à 160 €/nuit.

Comme un ovni dans le désert, Dar Hi est une structure ultra design. L'intérieur a, comme toujours pour cette toute petite chaine, été dessiné par Matali Crasset dans la lignée des hôtels de Nice et Paris. Mais cette fois, elle a pu laisser libre court à son crayon pour la structure même de la maison ou plutôt des maisons cubes de 18 chambres, surprenant. La vue est superbe, la priorité a été donnée à l'éco conception si bien que Dar Hi a remporté en 2011 un Trophée du Tourisme Responsable. Mérité. A partir de 260 € la chambre.
Tozeur, à la rencontre du désert


Jeudi 20 Octobre 2011
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