vacances pratiques


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Toxic tour




Nouvelle tendance de l’écotourisme qui nous vient directement des Etats-Unis, les toxic tours emmènent les touristes sur les sites les plus pollués et les plus menacés par l’industrie et l’urbanisation. Alors cette année, haro sur le Grand Canyon et la Statue de la Liberté, sortez les bottes et préparez le pince-nez. Au programme des vacances : nuage de gaz polluant, décharge à ciel ouvert et rejets toxiques dans les fleuves. Qui a dit que le tourisme vert n’était pas glamour ?

Pas de raison d’inquiéter pour le moment les circuits touristiques classiques. Les agences de voyages outre-atlantique ne proposent pas encore les concentrations excessives de dioxyde de carbone comme argument de vente pour des circuits mêlant baignade dans le Pacifique sur les plages de Santa-Monica et bains de pieds à la sortie d’évacuation de l’usine chimique quelques kilomètres plus bas. Une poignée d’associations militantes se chargent d’organiser ces visites atypiques de Los Angeles au Kentucky en passant par les rives du Rio Grande. Au cœur de la cité des anges, l’association locale Communities for a Better Environment emmène ses visiteurs au cœur de l’Alameda Corridor, gigantesque zone de fret relié aux terminaux portuaires, puis passe de raffineries en usines chimiques sur fond de témoignages d’autochtones engagés. Un peu plus à l’Est au Texas, l’université de Texas-Brownsville et l’Institut technique de Matamoros ont mis au point le Matamoros Toxic Tour. Les touristes partent sur les rives du Rio Grande pour observer la pollution de part et d’autres du fleuve par des usines peu scrupuleuses. Dans le Kentucky, ce sont les communautés religieuses qui exploitent le filon, à l’instar du père John Rausch du Catholic committee of Appalachia. Entre deux sermons anti-croissance industrielle, ces guides religieux et maintenant touristiques emmènent les curieux sur les immenses mines de charbon à ciel ouvert dans les Appalaches, responsables de la pollution de centaines de kilomètres de ruisseaux. Des produits écotouristiques qui ne proposent certes pas la compensation carbone, mais dont l’effet de sensibilisation est garanti sur facture.

Alexis Dufour
ad@vacancespratiques.com

Jeudi 9 Octobre 2008