Toute la beauté du monde

Il est des jours où l’on aimerait que les mots seuls suffisent à convaincre. Hélas ! Les tribuns les plus émérites ne semblent servir à rien devant la volonté affichée de l’Islande de reprendre la chasse à la baleine.



La politique montre également ici toutes ses limites puisque la Commission baleinière internationale (regroupant les intérêts de l'Allemagne, la Grande-Bretagne, l'Australie, les Etats-Unis, le Brésil et l'Afrique du Sud) qui s’est prononcée contre la reprise de cette chasse n’est pas entendue.
Alors puisque le poids des mots ne sert à rien, le choc des images devrait lui, faire réfléchir. Car tous les voyageurs qui ont eu un jour la chance et le bonheur de voir une baleine émerger des océans sauront de quoi je parle. Cette sensation au creux du ventre. Ce bonheur enfantin qui justifie à lui seul tout un voyage. Cet incroyable sentiment d’assister à une chorégraphie dont la mise en scène nous échappe mais dont la beauté nous frappe de plein fouet. Tout ça justifie largement une protection du cétacé. Et si, rêvons un peu, le tourisme devenait lui aussi un argument de poids face à ceux qui militent pour une réouverture de la chasse. Ne pourrait-on pas imaginer que le droit d’observer les baleines en liberté (et les subsides qu’il rapporte aux pays qui se livrent à ces activités) vienne en tête de liste des arguments pour sauvegarder les cétacés ? Après tout, cela serait nettement moins risible que le discours prôné par le Japon ou la Norvège sur la chasse scientifique. Sans oublier que le tourisme fait partie du tiercé de tête des secteurs qui génèrent dans le monde les plus importants flux financiers. Ce poids économique devrait logiquement aller de pair avec un poids politique et permettre ainsi au secteur de faire entendre sa voix, fût-elle toute petite…
Sinon, les baleines devront attendre. Encore.
Stéphanie Clément
scg@vacancespratiques.com

Jeudi 19 Octobre 2006
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