vacances pratiques


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Tout nus mais pas très bronzés




Leur test, en Inde, avait provoqué un scandale. Leur installation ensuite, à l’aéroport d’Amsterdam Schipoll, avait été mieux acceptée. Il reste à savoir si la multiplication, aux Etats-Unis, des nouveaux scanners d'aéroports va se passer si bien que cela dans un pays réputé pudique. Car ces diables de machine voient sous les vêtements…

C’est évidemment au nom de la sécurité que dix aéroports américains, dont JFK à New York ou l’aéroport international de Los Angeles, ont commencé à installer ces jours ci les nouveaux scanners. Ils émettent des "ondes millimétriques" et percent les tissus à la recherche de métaux, céramiques, plastiques, matériaux chimiques ou explosifs, comme le précise l'autorité de sécurité aérienne sur le site Internet du Département américain des transports. Petit souci, ils déshabillent littéralement le passager. L’Association de défense des libertés, ACLU, s’est immédiatement manifestée par la voix de Barry Steinhardt, son directeur du programme "technologie et libertés", qui a déclaré à l'AFP que "les gens n'ont aucune idée à quel point les images sont graphiques". Il assure ainsi qu'on peut notamment distinguer les formes d'un passager et notamment son sexe, et l'association souligne sur son site que l'appareil révèle des "détails hautement personnels du corps, tels que des traces de mastectomies, des sacs pour colostomies, des implants pour pénis, des tubes cathéter ou la taille des seins ou appareils génitaux". Tout le monde n’est pas doté d’une telle quantité de prothèses mais bon, effectivement,… la gêne s’installe. Et on peut s'interroger sur la quantité de radiations envoyées pour procéder à ce test. Bien pratique sans doute pour déceler les boulettes de cocaïne ingérées, mais un peu délicat pour les autres... Les aéroports soulignent pour leur défense que les cabines se referment complètement sur le passager et que l'image en trois dimensions est transmise à un agent dans une pièce séparée et fermée, en brouillant le visage. Ce qui évite par exemple à l’agent de reconnaître sa voisine ou son patron, le cas échéant ! En tous cas, pour tous ceux qui n’ont pas envie de se faire ainsi déshabiller virtuellement, le département des transports rappelle que les passagers ont toujours le choix entre l’imagerie corporelle et la fouille au corps. Certes. Mais vu mon vocabulaire anglais et l’amabilité habituelle des douaniers américains, j’ai comme qui dirait quelque doute sur ma capacité à exprimer un choix !!

Anne Le Goff
alg@vacancespratiques.com

Mercredi 11 Juin 2008