vacances pratiques


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Tout est relatif !




Sans faire de philosophie de comptoir, voilà en tout cas ce que m’inspire cette nouvelle tout droit venue du nord du Canada, Churchill dans la baie d'Hudson, et qui dit qu’une hotline vient d’être mise en place pour appeler à l’aide en cas de présence trop envahissante d’ours polaire dans son jardin…

Avouez que l’information a de quoi surprendre et doit faire sourire les Européens que nous sommes… Imaginez, par exemple, un Français ou un Anglais découvrant un ours blanc sur son carré de pelouse un soir de barbecue… Je vous laisse imaginer la panique… A Churchill, chasser les ours, c’est simple comme un coup de fil. L’idée repose sur le principe suivant : protéger les habitants tout en préservant les ours. Ainsi, dès lors que l’ours devient un peu trop familier, il suffit d’appeler l’un des rangers disponibles 24h/24 qui, grâce à différentes techniques, va chercher à éloigner l’ours des habitations. En cas d’échec, il capture l’animal pour ensuite le relâcher dans une zone vierge de toute présence humaine.
Une méthode qui me rappelle celle utilisée par les Australiens pour se débarrasser gentiment des alligators qui viennent de temps en temps élire domicile dans les jardins, voire dans les maisons…
Ce qui n’en finit pas de m’intriguer dans cette histoire, c’est le flegme avec lequel nos voisins canadiens gèrent ce genre de problématique : par un simple coup de fil. Quand on sait que l’ours polaire est capable de tuer un homme d’une simple caresse de la patte, mieux vaut être zen… Quand on met en perspective la vive émotion suscitée dans nos contrées par la présence de quelques malheureux ours dans les montagnes pyrénéennes, on se dit également que d’un continent à l’autre, la popularité de l’ours n’a pas tout à fait la même cote… Quand enfin on réalise que les Européens, au premier rang desquels les Français, sont prêts à payer plusieurs milliers d’euros pour partir en croisière dans le grand nord admirer l’ours blanc mais qu’ils sortent les fourches et les fusils dès lors qu’il faut accueillir son cousin dans nos régions, on se dit qu’il y a là comme une légère contradiction… Tout est relatif vous disais-je…

Stéphanie Clément
scg@vacancespratiques.com

Mardi 11 Mars 2008