Tourisme indécent, tourisme imbécile…

Pendant la guerre, les affaires continuent et font le bonheur des moins scrupuleux et des plus bêtes… Dans le rôle des premiers, les vendeurs de rues de Thaïlande qui proposent des tee-shirts immortalisant le putsch récemment survenu dans le pays. Dans le rôle des seconds, des touristes qui se bousculent pour acheter ces tee-shirts pour quelques baths seulement et se faire prendre en photo devant les chars à Bangkok.



Et comme il serait dommage de ne pas exploiter le filon avant qu’il ne s’épuise, certaines agences de voyages de la ville organisent des visites "spéciale putsch" sur les lieux des principaux évènements… Pour ne pas tomber dans de la morale à quelques sous, remettons les choses dans leur contexte : certes, ce coup d’état n’a pas connu une opposition farouche dans le pays. Certes, il n’a pas fait, une fois n’est pas coutume, de victimes. Enfin, il semble plutôt amuser le touriste que l’effrayer…. Est-ce suffisant pour en faire, déjà, une attraction touristique ?

Je n’ai pas de réponse si ce n’est un souvenir personnel qui me vient à l’esprit. Lors d’un voyage il y a quelques années à Pékin, je me souviens avoir vu des touristes enchantés de revenir les valises pleines de montres, d’assiettes et de tee-shirts à l’effigie de Mao…. A l’heure du tourisme (et de la culture) de masse, la révolution populaire chinoise, qui a fait en son temps quelques millions de morts, était (dé)classée au rang de simple attraction touristique. L’histoire, pourtant essentiel à la compréhension de la culture d’un pays et de son présent, était gommé au profit de gadgets de mauvais goût. En son temps, Zola disait « Rien ne développe l'intelligence comme les voyages. »… Rien n’est moins sûr hélas.

Stéphanie Clément
scg@vacancespratiques.com

Lundi 25 Septembre 2006
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