Tir au pigeon



Pauvres bêtes, condamnées à mourir de faim ! Pendant des siècles, les visiteurs ont nourri les pigeons de la Place Saint-Marc, à Venise, mais décidément, ils deviennent trop salissants… Les vendeurs de grains vont devoir se mettre aux pétales de roses.

Tout a été imaginé pour réduire le développement des hordes de pigeons. A Paris, à Rome, Londres ou Berlin c’est la même chanson : ces volatiles transportent des maladies et s’il est charmant de les voir tournoyer dans le ciel, leurs déjections créent de vrais problèmes de gestion du patrimoine. L’imagination s’est mise au pouvoir : on les a nourris avec des graines pour les stériliser. On a posé des pics posés sur les toits pour les empêcher de se poser sur les bâtiments les plus fragiles. On a aussi importé leurs ennemis les corbeaux. On a même tiré des pétards la nuit dans les parcs, pour les convaincre d’aller dormir ailleurs. Peine perdue ! Indélogeables, ces pigeons. Le Maire de Venise, excédé, espère avoir trouvé une nième parade : plus question de nourrir les bestioles, il va être interdit de vendre du grain aux touristes qui les aimaient tant Place Saint-Marc. Evidemment, les 18 vendeurs de la Place ne sont pas ravis, certains ont compris (ils en ont peut-être marre de se faire ch… Voler dessus ?), mais il y a des récalcitrants. La mairie mène des négociations, pour les indemniser. Ils pourront toujours se recycler du sac de grain vers la gondole : en plastique et lumineuse, elle est toujours du meilleur effet sur la cheminée. Ou encore vers les pétales de rose : car dans son élan de nettoyage, la mairie, logique, veut également interdire le lancer de riz sur les mariés, à l’église comme à la mairie. Les pétales de rose, ils ne le mangent pas, les pigeons. Non, mais si on les piétinent, ils salissent les dalles de marbre. Pffff, pas facile, le porte-bonheur. Et l’affaire ne dit pas comment on va interdire aux vieilles dames d’émietter leur pain…

Annie Fave
af@vacancespratiques.com

Mardi 18 Septembre 2007
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