vacances pratiques


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Terra incognita




Paris serait-elle toujours Paris si la ville se retrouvait soudain dans le Limousin ? Les Pays-Bas seraient-ils toujours les Pays-Bas, perchés sur les hauteurs de l’Oural ? Certains pays voient leurs terres et ainsi leur activité touristique menacées par le réchauffement climatique et la montée des eaux qui s’en suivrait. Premières concernées, les Maldives planchent activement sur le problème. Le nouveau président a trouvé une solution, et pas des moindres : délocaliser le pays.

«Partir au Maldives» pourrait dans un avenir pas si lointain prendre un sens différent de celui que nous lui connaissons aujourd’hui. Mohamed Anni Nasheed, nouveau Président de cet archipel paradisiaque, a décidé de remplir son cochon en vue d’acquérir de nouvelles terres, dans l’éventualité où ses Maldives seraient englouties sous les eaux de l’océan Indien. Une sacrée dépense sans doute, mais un calcul très simple : dans un pays où le tourisme rapporte un milliard de dollars chaque année et une grande partie de la richesse nationale, combien coûterait au pays la perte des trois-quarts de son territoire et de son offre touristique ? L’Archipel des Maldives compte en effet 1192 îles coralliennes dont 80% sont situées à moins d’un mètre au dessus du niveau de la mer. Et si malgré l’alarmisme ambiant, personne ne peut dire précisément quand une telle montée des eaux surviendra, l’échéance ne semble pas assez lointaine au Président Nasheed pour prendre le risque d’attendre sans rien faire. D’autant qu’en dehors du tourisme, l’homme ne souhaite pas non plus voir le peuple maldivien sous les premières tentes des réfugiés climatiques. La solution : acheter des terres ailleurs, juste au cas où. L’Inde et le Sri Lanka semblent être les plus appropriées considérant les similitudes de climat et de culture. L’Australie a également été évoquée. Et pour financer ces achats, un fond souverain alimenté par les recettes touristiques devrait être prochainement mis en place. Reste à convaincre un peuple et sa culture de changer de monde. Vous partiriez, vous, reconstruire la Tour Effel à Madrid, ramasser des truffes à Grenade, fabriquer du camembert en Islande ?

Alexis Dufour
ad@vacancespratiques.com

Mercredi 12 Novembre 2008