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Taxer le confort




Air France/KLM ne s'en est pas vantée, mais la compagnie teste depuis le mois de septembre la surfacturation des réservations des places les plus confortables : 50 € pour disposer des places situées sur les issues de secours où au premier rang de la classe éco quand on peut y étendre les jambes. Envie de confort ? Il faut passer à la caisse !

Il y a des années que les spécialistes de l’aérien évoquent la convergence des compagnies régulières vers le low cost et inversement, par souci de rentabilité. On est en plein dedans : Air France, compagnie régulière, pratique en test depuis le mois de septembre et sur les Etats-Unis un système habituellement caractéristique des low-costs, la surfacturation d'un service. En l' occurrence, ce n'est pas le bagage en soute ou l'enregistrement prioritaire que facture la compagnie, mais la réservation des meilleurs sièges. Envie d' étendre vos jambes? Vous choisissez logiquement de réserver les sièges du premier rang de la classe éco ou ceux des allées de la sortie de secours. Pas de problème. Mais désormais vers les Etats-Unis cette réservation de sièges "privilégiés" est facturée 50 € ! Jusqu'à présent c'était premier arrivé premier servi. Désormais, sur cette destination US, c'est aussi le portefeuille qui doit parler. En couple ou en famille, la facture s'alourdit. Et si en plus vous voulez les places à l'aller et au retour, double facturation... Pas moins de 5% des réservations pourraient ainsi être surfacturés, selon les estimations de la compagnie.
Air France n’est pas la seule à s’orienter sur ce chemin : depuis quelques semaines Singapore Airlines pratique également en test la surfacturation des places situées sur les issues de secours, 50 $. American Airlines avait tenté puis renoncer à faire payer oreiller et couvertures sur les moyens courriers. Chaque compagnie essaie de gagner de la rentabilité et lance des «ballons d’essai», histoire de voir la réaction des consommateurs. Les transporteurs se rapprochent ainsi, de fait, d’un modèle low-cost qu’elles ont pourtant tant décrié. Sera-ce la leçon de la crise : avant de critiquer les autres, tourne 7 fois ta langue dans ta bouche ?

Annie Fave
af@vacancespratiques.com

Mercredi 5 Novembre 2008