Shangaï version luxe



C'est la dernière destination à la mode, la ville vers laquelle se précipitent les plus grands noms de l'hôtellerie de luxe. Shangaï, qui accueillera l'an prochain les dizaines de millions de visiteurs de l'Exposition universelle, suscite depuis quelques mois toutes les convoitises. Le "Paris de l'Orient" brille à nouveau de tous ses feux.


Shanghaï retrouve sa place sur l'échiquier mondial: capitale de la modernité en Asie dans les années 1920-1930, lorsqu'elle en était la grande place financière, la ville -et ses habitants- ont payé cher l'aura mythique et fantasmatique qui lui a été associée. Considérée comme un foyer de bourgeois et de dépravation par Mao Tsé Tung, il lui a fallu attendre la décision de Deng Xiaoping, en 1992, de promouvoir le développement de la ville pour être enfin réhabilitée. Quelques dizaines de buildings plus tard, dotée de plus de 18 millions d'habitants, elle lèvera de nouveau fièrement le menton l'an prochain pour remettre le diadème des grandes métropoles mondiales en accueillant l'exposition universelle.
La ville bruisse aujourd'hui des dizaines de chantiers, plus ou moins avancés, qui signeront cette organisation. Et des constructions hôtelières qui l'accompagnent. C'est ainsi que le propriétaire du prestigieux Peninsula, Hongkong and Shanghai Hotels Limited, opère son retour dans le "Paris de l'Orient" après une absence de 60 ans. Il va devoir affronter une redoutable concurrence: celle du Ritz Carlton, en train d'édifier un deuxième hôtel, de Hyatt, qui a déjà érigé trois établissements ou encore de Shangri-La qui va passer de un à quatre hôtels. Sans oublier les Conrad, Jumeirah, Waldorf Astoria et le légendaire Peace Hotel -- géré par le groupe Fairmont -- qui rivalisent déjà de luxe pour attirer les clients fortunés dans leurs établissements récemment bâtis ou fraîchement rénovés.

Les inaugurations d'hôtels de luxe vont ajouter près de 3.900 chambres cinq étoiles à la cité. Des investissements sans doute rentables en 2010 même, puisque 70 millions de visiteurs (la plupart chinois) sont attendus. Il faut voir si, ensuite, ces complexes parmi les plus somptueux du monde sauront encore jouer la séduction. Aujourd'hui, le taux d'occupation moyen des cinq étoiles (équivalent d'un 4 étoiles en France) est de 50-55% et même 60-65% pour les hôtels les mieux situés de la ville. De quoi faire des envieux en période de crise économique.

Annie Fave

Lundi 2 Novembre 2009
pub
pub