Réinventer la roue



J'avoue qu'hier soir, j'ai beaucoup ri. Un ami, expert comptable de métier, d'un calme et d'un sérieux irréprochables, s'est lancé en famille dans la consultation de catalogues en ligne. Objectif : trouver les prochaines vacances et repérer les meilleurs prix pour un séjour dépaysant. Une heure après, excité et énervé, la famille a fini sur Expedia. «Le numérique», me dit il, «C'est tout bon ou tout mauvais. Là, j'ai frôlé la crise de nerfs en perdant plus d'une heure à errer sur des brochures virtuelles, peu lisibles et sans intérêt».

Véritable vedette du monde du voyage, le catalogue numérique a séduit la quasi totalité des voyagistes. A l'origine, l'idée est attirante : facile à mettre en ligne, à réactualiser, copie conforme de la version papier, belles images... Mais comme toujours, le seul jugement qui tienne, c'est celui de l'utilisateur. Mon ami, organisé comme il se doit, s'attaque à un premier voyagiste. Bonne idée que ce séjour australien. Seul souci, le cahier des prix n'est pas immédiatement accessible. Zoom sur le programme (avec un écran de 15 pouces, faut lire), retour sur le descriptif, absence d'infos pratiques. Le test n'est pas probant. Même tentative sur un catalogue prestigieux, coloré et découpé en 5 ou 6 volumes... Même objectif en destination. Et même résultat. Conclusion : autant aller sur le net, chez un TO spécialisé en ligne, quitte à poser les questions par mail et à attendre un devis ou un conseil... Quand il existe ! On comprend mieux l'arrivée sur le marché de sites comme «partir.com» qui viennent à la rescousse du voyageur pour prendre en charge la demande, la transmettre à une agence qui ira, elle, traiter le dossier et établir le devis. Bien sûr, le risque pour les agences, ce sont les amateurs, les badauds du net qui passent juste pour voir et prennent du temps aux professionnels. Reste que le jour ou le client aura un site informatif, capable de l'assister dans ce choix et ce en quelques minutes, il ne faut pas être devin pour imaginer son succès. En attendant, comme me dit mon ami, « Le voyagiste reste persuadé que mon temps ne vaut rien. Quelle erreur ! ».

Marc Dandreau
md@vacancespratiques.com

Jeudi 12 Avril 2007

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