Rare mais possible



Le fait est assez rare. Heureusement. Un pilote de GB Airways qui effectuait une rotation entre Manchester et Paphos, pour le compte de British Airways, est décédé ce week-end d’une crise cardiaque pendant le vol. Agé de 41 ans, sportif, ce pilote venait de subir un contrôle médical complet et aucun symptôme ne pouvait laisser prévoir un tel accident. Ce qui est rassurant c’est de voir que les procédures mises en place par les compagnies sont aujourd’hui si bien rôdées que même les passagers ne se sont rendus compte de rien.

Dire que l’avion est l’un des moyens de transport les plus sûrs au monde est loin d’être un euphémisme. Ce décès tragique démontre bien que la formation des pilotes est plus que complète et leur permet de se sortir de bien des cas difficiles que l’on peut rencontrer en vol. Voilà deux ans, lors d’une visite dans un simulateur européen, un instructeur m’avouait qu’un vol était d'ailleurs une succession de petits soucis techniques. Rien de bien grave, même si parfois on était à deux doigts d’une procédure d’urgence. Mais ce même instructeur expliquait que le travail permanent en simulateur permettait d’étudier, grandeur nature, toutes les situations les plus complexes en vol et il précisait que "La seule chose que l’on ne peut travailler à l’avance c’est l’état d’un être humain face à la difficulté voire la peur". En clair, 89% des accidents d’avion sont d’abord le fruit d’une erreur humaine.
Pour éviter d’entretenir la peur naturelle des clients face à l’avion, la plupart des compagnies, et leurs pilotes, ne communiquent jamais sur le sujet. Ils ont bien raison. Cela évitera de conforter l’idée qu’un dossier de siège déchiré n’empêchera pas un Airbus de voler, même si cette déchirure contribue à renforcer la vision anxiogène du passager. En fait, l’idée simple qui prime chez le pilote est résumée dans une phrase de Saint Exupéry que beaucoup affichent pendant leur formation: «Ce qui se déplace d’un point à un autre est appelé à revenir là où il est parti. Rentrer, par tout temps et en toutes circonstances, c’est l’aboutissement du départ. La sublimation du savoir faire aérien».

Marc Dandreau
md@vacancespratiques.com

Mardi 26 Février 2008
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