Accueil Accueil    Envoyer à un ami Envoyer à un ami    Version imprimable Version imprimable    Partager Partager

Rajasthan, bienvenue au pays des Palais princiers


Les merveilles du Rajasthan, les palais des Maharadjahs, la foule, les couleurs chatoyantes des saris, les innombrables vaches en travers des routes, les files de camions surchargés, les plaines et les montagnes, les déserts, autant d’images qui se superposent dans un circuit routier de 14 jours pour découvrir une des provinces les plus spectaculaires de l’Inde du Nord.



Le Fort rouge à Agra - DR AF
Le Fort rouge à Agra - DR AF
Agra, au sud-est de Delhi. Officiellement, pas plus de 200 km mais quand même plus de 5 heures de car depuis Delhi ! Le car dans lequel le groupa a grimpé est plutôt sommaire côté confort, mais il fait partie de ce que l’on peut avoir de mieux sur place et la route se fait sans encombre. Tout d’abord les yeux grands ouverts pour essayer de tout absorber : les saris scintillants, la beauté des enfants, les rues sales et encombrées, les vaches sacrées et les marchés colorés. Puis, au fur et à mesure que les kilomètres défilent, on essaye de s’installer aussi confortablement que possible, on ferme les yeux rien qu’un minute et on se laisse envahir par une douce torpeur. Tout le monde somnole plus ou moins. La nuit a été trop courte et les visites s’annoncent sous un soleil de plomb. Après une halte toilettes / café dans un endroit mi-emporium, mi restaurant, où le mauvais café et les faux pashminas sont totalement hors de prix, nous finissons par rallier les abords d’Agra. Environ 2 millions d’habitants. Comme nous l’explique notre guide, en Inde, impossible de connaître le vrai décompte … alors on dit toujours «environ». Agra est aussi l’une des villes les plus polluées du sous-continent indien mais nous n’avons pas le temps d’arpenter les rues de la « cité glorieuse » du Rajasthan. Direction le Fort Rouge, construit par les Moghols au 15ème siècle. Magnifique bâtiment entouré de fortifications qui domine une partie de la vallée, d’où l’on aperçoit au loin le Taj Mahal.

Classique mais incontournable : le Taj Mahal
Classique mais incontournable : le Taj Mahal
Passée l’étonnante et imposante porte, construite par l’empereur moghol Shâh Jahân pour « cacher » le mausolée aux yeux des passants, alors que le soleil commence doucement à décliner, nous entrons dans l’enceinte du Taj Mahal et c’est l’émerveillement ! Aucun doute, la magie opère. L’histoire du monument est aussi belle que le lieu est serein. On en arriverait presque à oublier les milliers de photographes amateurs qui se pressent de toutes parts pour trouver le meilleur angle. Alors on finit par faire comme tout le monde, on mitraille, on cadre, on zoome … et en désespoir de cause, on demande à un parfait inconnu d’immortaliser l’instant, avec le Taj Mahal dans le champ. Ça y est, on peut prouver qu’on y était … Passons à la visite. En fait, la visite en elle-même est assez rapide et le monument plus petit qu’on ne l’imaginait. Mais cela reste une très belle expérience, presque mystique au vu d’une telle déclaration d’un amour devenu éternel. Alors que le soleil se couche, le Mausolée et ses jardins prennent des teintes inédites, la lumière se fait sublime et les appareils photos repartent de plus belle.

Rajasthan, bienvenue au pays des Palais princiers
Direction Fathepur Sikri, l’émouvante ville-fantôme construite par les Moghols au 16e siècle, une cité abandonnée qui n’est restée capitale de l’empire moghol que pendant 15 ans ! C’est un endroit un peu surréaliste. La chaleur est tellement écrasante que l’on a du mal à imaginer les habitants déambuler. Notre guide, Celsia, nous relate les hauts faits de l’Empereur Akbar, grand amateur d’échecs, le Dr Jekyll et Mr. Hyde de l’époque. Célèbre pour ses décisions magnanimes et œcuméniques – il a notamment fait construire des lieux de culte pour toutes les religions Mauvais perdant, il prenait aussi un malin plaisir à condamner ses adversaires victorieux aux échecs à avoir la tête écrasée par la patte de l’éléphant royal !

Rajasthan, bienvenue au pays des Palais princiers
La suite du voyage nous conduit à Jaipur pour 2 nuits avec une visite à Amber, ancienne capitale du Rajasthan. Au dessus de nous, les remparts d’une citadelle et de la forteresse-palais d’Amber se dressent fièrement. Pour monter à l’assaut de ces monuments historiques, construits entre le 12e et le 18e siècles, deux options s’offrent à nous : à dos d’éléphant pour les amateurs de mouvements chaloupés et de couleur locale matinée de demande de pourboire, et en jeep pour ceux qui préfèrent la conduite approximative le long de ruelles escarpées et défoncées avec racket du chauffeur pour payer l’accès aux portes du fort. La visite du fort-palais d’Amber est grandiose, avec des bâtiments et une décoration d’une grande finesse.


Palais des vents
Palais des vents
Déjeuner au restaurant City Palace, situé dans l’enceinte du palais de Jaipur. Une surprise de taille nous y attend : l’une des tables, réservée en permanence pour le Maharadjah de Jaipur, est bientôt occupée par son illustre propriétaire. Nous ne verrons pas son visage. Il tourne ostensiblement le dos à notre auguste assemblée. Mais nous n’insistons pas car le Seigneur est en deuil : il vient d’enterrer sa belle-mère il y a seulement quelques jours. Notre attitude respectueuse est bien vite récompensée. Nous avons l’insigne honneur – négocié en exclusivité par notre guide – de visiter une partie de la résidence privée de la famille royale : tables en cristal Lalique, fauteuils en argent massif, pièces aux lourdes tentures … Tout est impressionnant mais pas très convivial. Nous poursuivons la visite avec le Musée des armes et l’Observatoire, alors que la chaleur monte inexorablement. Outre son observatoire, le palais de Jaipur possède une des façades les plus incroyables de l’architecture indienne : le Palais des vents qui permettait aux princesses, de pouvoir observer la vie à l’extérieur du palais.

La ville blanche

Rajasthan, bienvenue au pays des Palais princiers
Udaipur, appelée aussi la ville blanche ou encore la perle du Rajasthan ne compte « même pas » un million d’habitants. La ville a pourtant l’air très animée et les rues commerçantes grouillent de monde. Premier arrêt au City Palace d’Udaipur, sur les rives du lac Pichola. C’est le plus grand palais du Rajasthan, à la fois résidence royale, musée et restaurant luxueux. Il faut acquitter 200 roupies pour prendre des photos mais honnêtement, cela en vaut la peine, ne serait-ce que pour les très beaux points de vue qui embrassent toute la ville d’Udaipur. Le musée en lui-même est un enchevêtrement de salles et de patios plus ou moins ombragés, avec quelques pièces historiques comme le « trône vide » du Maharadjah d’Udaipur, construit et offert par le roi George V en 1911 et laissé ostensiblement vide par le « grand guerrier » de l’époque, qui ne portait pas les Anglais dans son cœur.
Alors que la chaleur décline, nous repartons pour une petite ballade on ne peut plus romantique sur le lac Pichola. De nos bateaux à fond plat, nous avons une vue imprenable sur le City Palace d’Udaipur mais aussi sur les 5 étoiles que sont le Lake Palace ou l’Oberoi. Nous accostons sur la petite île de Jagmandir, immortalisée par le film « Octopussy », le temps d’une trop courte promenade.

Rajasthan, bienvenue au pays des Palais princiers
Des Palais pour hôtel
Si tous les hôtels de ce circuit étaient incontestablement de qualité et d’un excellent confort. Aux établissements très modernes de la chaîne Hilton, nous avons préférés les étapes dans des palais transformés en hôtel.
. Le Palais de Deogarh, propriété de la famille royale, a été partiellement transformé en hôtel à partir de 1996 et compte actuellement plus d’une cinquantaine de chambres, toutes différentes les unes des autres. Magnifiquement restauré, cet endroit est absolument magique. La beauté de l’architecture et des chambres n’a d’égale que la qualité de l’accueil des propriétaires. Deux nuits complètes dans ce lieu majestueux… La réalité est à la hauteur du rêve.
Le Rohet Garth a été la résidence familiale de la famille régnante depuis 1622 dans un Etat princier, le Rohet. regroupant une quarantaine de villages. En 1990, les propriétaires ont décidé de partager leur héritage avec les touristes du monde entier. C’est à coup sûr une réussite ! Nous sommes enchantés par ce que nous découvrons après avoir franchi les lourdes portes d’entrée. Un jardin idyllique, des parties communes joliment décorées dans un style mi-indien mi-colonial, des chambres spacieuses et luxueuses réparties dans la propriété, une piscine entourée de fleurs … et de paons.
. Le Samode Palace est ancien palais magnifiquement transformé en hôtel romantique. Comme dans tous les palais traditionnels du Rajasthan, nous avons un peu de mal à nous retrouver dans le dédale des patios, des escaliers et des passages. Il y a deux superbes piscines dont une à débordement située en terrasse, sans oublier jacuzzi, sauna, salle de fitness et un spa dispensant des soins ayurvédiques.

La ville bleue

Le fort et la ville de Jodhpur - Photo Nataraja -wikipedia
Le fort et la ville de Jodhpur - Photo Nataraja -wikipedia
Jodhpur. La ville bleue du Rajasthan a été fondée par le prince Jodh Singh. Aujourd’hui riche d’1,5 million d’habitants, elle est appelée « ville bleue du Rajasthan » en raison de la couleur indigo des maisons de la vielle ville, construite au 15e siècle. L’indigo a été rajouté à la chaux pour empêcher les insectes de pénétrer à l’intérieur des maisons. Capitale du grès, Jodhpur est également très connue pour ses antiquités et ses épices. Nous partons à l’assaut du Fort Mehrangarh, la majestueuse forteresse de Jodhpur jamais pénétrée par l’ennemi. Et pour cause, elle domine toute la ville et est entourée de solides fortifications. Aujourd’hui encore propriété du Maharadjah, elle est devenue un vaste musée formé de plusieurs palais. D’en haut, la vue sur la vieille ville est époustouflante. Mais le point de vue se mérite ! Il faut grimper au sommet et faire la visite sous une chaleur étouffante. La foule est encore plus dense que d’habitude en raison de la présence de très nombreux pèlerins participant au pèlerinage de Ram Deora. A signaler, en redescendant du Fort Mehrangarh, la très jolie boutique du musée qui propose une sélection de cadeaux et d’artisanat local à la fois originale et de belle qualité.

Le désert du Thar

Rajasthan, bienvenue au pays des Palais princiers
Depuis notre départ de Delhi, en ce mois d’août, les routes du Rajasthan sont bordées d’un interminable cortège de pèlerins. A l’approche du désert du Thar, les foules de pèlerins marchant le long de la route se font plus denses minute après minute. Ces milliers de personnes, hommes et femmes, enfants et vieillards, convergent vers la petite ville de Ram Deora, près de Pakoran, pour rendre hommage à Baba Ramdeo qui a beaucoup agi pour les pauvres. Leur nombre est aussi impressionnant que leur ferveur. Ils parcourent entre 35 et 40 km par jour sous une chaleur accablante pour atteindre leur destination. En chemin, ils reçoivent eau, nourriture et hébergement gratuitement, car ils sont pris en charge par de riches indiens qui voient là un moyen de redonner à leur communauté. C’est à la fois très surprenant et très impressionnant : une sorte de St Jacques de Compostelle à l’indienne où se mêlent toutes les confessions.

Nous arrivons enfin à Jaisalmer, la ville jaune ou ville dorée du Rajasthan, en raison de ses constructions en grès jaune. D’abord dans la ville haute ceinte de fortifications, puis dans la ville basse ; les deux parties constituant la vieille ville. En haut et en bas, c’est à peu près le même spectacle : de somptueux bâtiments en pierre sculptée côtoient des échoppes remplies de babioles pour touristes. Dans la ville basse, les fameux « havelis », très belles maisons à plusieurs étages, sont les anciennes habitations des « marvaris », les commerçants de Jaisalmer qui ont fait la fortune de la ville à l’époque du passage des caravanes, avant l’arrivée des Anglais. Puis, les Anglais ayant décidé de contrôler le transit des marchandises dans les ports, ont fini par interdire le passage des caravanes. Jaisalmer a périclité jusqu’aux années 70 avant de se redévelopper grâce au tourisme.

Et Dieu dans tout ça

Vache à 5 pattes
Vache à 5 pattes
Quelle que soit leur religion, les Indiens sont de fervents pratiquants. Notre parcours nous conduira à visiter plusieurs temples hindouistes, comme Puskar, l’une des villes sacrées de l’Hindouisme, le seul endroit en Inde où l’on trouve un temple dédié à Brahma, le créateur au sein de la trilogie Brahma / Vishnou / Shiva. Nous apprenons au passage que l’Hindouisme compte pas moins de 33 millions de divinités. L’entrée au temple est très surveillée : par d’appareil photo, pas d’eau, quasiment pas d’effets personnels et bien sûr, pas de chaussures. C’est donc chaussés de magnifiques chaussons chirurgicaux que nous grimpons les marches au milieu des dévots et des saris multicolores. Le temple en lui-même n’est pas époustouflant mais par contre, on reste sans voix devant la dévotion des Hindous. Certains se prosternent, tous font des offrandes, des femmes font le tour du temple en dansant et en chantant des mélopées lancinantes. C’est une expérience brève et un peu irréelle. Dix minutes plus tard, nous avons retrouvé nos chaussures et nos sacs pour un retour brutal dans le brouhaha de l’artère principale et hyper touristique de Pushkar. Beaucoup d’enfants qui quémandent de l’argent, des échoppes remplies d’artisanat en toc et de bimbeloterie, et des pièges à touristes, notamment les faux Sadus qui demandent de l’argent pour être pris en photo avec une vache à 5 pattes, censée porter bonheur. Nous marchons jusqu’au lac, quasiment asséché en ce début Août où la mousson se fait désirer.

Temple Jain à Ranakpur
Temple Jain à Ranakpur
Ranakpur est un remarquable sanctuaire de la religion Jain, qui a connu son essor dans le nord-ouest de l’Inde au 6e siècle avant JC. Un peu comme les bouddhistes, les Jaïnistes se sont élevés contre les sacrifices pratiqués dans la religion hindouiste et prônent le respect total de la vie, que ce soit celle d’un homme ou d’un moucheron. Le temple jaïn est un saisissant vaisseau de marbre, surgi de nulle part. Il a été construit au milieu du 15e siècle sur une période de 66 ans. Les 29 salles du temple principal sont soutenues par 1.444 colonnes merveilleusement sculptées.

Reportage : Marie Beauvais/Patrice Pellerin

La campagne du Rajasthan
La campagne du Rajasthan
Bonnes adresses du Rajasthan

Pour les costumes « sur mesures » en 24h à Jaipur
Compter 120 €/costume, immense choix de textiles : Satguru's - The Textile World - 36, Jagdish Colony - Mount Road - Near Ramgarh Mod

Pour les tuniques, pashminas et saris, à Udaipur
Albeli - A house of textile - 193, Chandralok - Near Saheliyon Ki Bari

Pour les bijoux (très belle qualité) à Udaipur
Gem arts emporium – 119, Sahelli Marg – Opp. Sahhellyon Ki Bari

Pour les souvenirs véritablement artisanaux (prix fixes) :
Menvar Resort & Camp Pvt Ltd –Village Khiyansaria – 10 kms beforeDechu on Jodhpur –Jaisalmer highway – Distt : Jodhpur

Le voyage pratique

Ambassade de l’Inde
15, rue Alfred Dehodencq, 75016 Paris.
Tél. : 01.40.50.70.70
Fax : 01.40.50.09.96
www.amb-inde.fr

Office du Tourisme national indien
13, bd Haussmann
(5e étage), 75009 Paris.
Tél. : 01.45.23.30.45
Fax : 01.45.23.33.45

Un visa est obligatoire pour se rendre en Inde. 50 €
La demande est à formuler à VFS Global qui a la charge de gérer les demandes de visas pour l'Inde.
Se munir d'un passeport valide six mois après la date du retour, de deux photos et du formulaire de demande que l'on peut télécharger ICI
Compter 24 heures (deux visites sont nécessaires) . Vous pouvez maintenant être informé de la progression de votre demande de visa par SMS et email, et être notifié lorsque la procédure est terminée. Coût du service : 1€50.

Services des visas, ambassade de l’Inde 20-22, rue Albéric Magnard, 75016 Paris. Tél. : 01.40.50.71.71
Ouvert du lundi au vendredi, sauf jours fériés français et indiens.

Plusieurs tours opérateurs proposent des circuits au Rajasthan

Le voyage présenté a été organisé avec la participation de Fram.
Le circuit retenu s'appelle "au pays des maharadjahs". Il dure 13 jours/12 nuits et part de Delhi.
Voir les dates et les prix (à partir de 1990 €/personne) sur le site de FRAM