vacances pratiques


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Quitter les sentiers battus ?




L’aventure survenue aux touristes européens, pris en otage dans le désert égyptien, est un événement exceptionnel au pays des pyramides. Cet acte de banditisme, plus que terrorisme semble t-il, n’est pas sans rappeler les péripéties subies plus régulièrement au Yémen par des amateurs de découvertes hors des sentiers battus. Faut-il pour autant renoncer à aller voir les beautés du monde ? Là est la question.

La vigueur avec laquelle les autorités égyptiennes se sont mobilisées prouve à quel point elles sont sensibles à tout événement susceptible de ralentir la machine touristique, si fragile. Rien à voir entre cet enlèvement et les attentats meurtriers des dernières années : le prise d’otages s’est déroulée cette fois loin des lieux les plus fréquentés, dans une zone désertique proche du Soudan, où les touristes et les accompagnateurs semblent d’ailleurs avoir été emmenés. Le désert en question, à Karkh Talh, est aux confins arides au sud-ouest de l'Egypte, à 1000 km du Caire. Cette immense vallée de dunes et de grottes préhistoriques, en bordure des monts du Gilf el-Kebir, a été visitée par environ un millier de touristes l’an dernier, partis en randonnée avec des autorisations spéciales et sous surveillance. Un accompagnement qui, manifestement, n’a servi à rien : les onze touristes - cinq Italiens, cinq Allemands et une Roumaine- ont été enlevés avec leurs huit accompagnateurs égyptiens, preuve que les bandits ne se laissent pas dissuader. C'est la deuxième fois que des touristes y sont attaqués. En janvier, un groupe comprenant des Allemands a été victime de pillards qui ont complètement dévalisé leurs victimes, abandonnées dans le désert avec seulement un téléphone satellite, selon un voyagiste.
Faut-il pour autant renoncer à aller voir ces lieux désertiques ? Aujourd’hui personne n’a revendiqué l’enlèvement au contraire, de nombreux groupes s’en sont défendu. Mais des touristes prêts à débourser 10 000 dollars pour deux semaines peuvent être considérés comme des bonbons sous le nez de chefs de guerre soudanais. Comme au Yémen, le risque doit désormais être intégré au projet de voyage de ce type, loin des sentiers battus.

Anne Le Goff
alg@vacancespratiques.com

Mercredi 24 Septembre 2008