vacances pratiques


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Quand la télé tue le tourisme


Le grand public ne soupçonne pas les tragédies souterraines qui émaillent le monde du tourisme. Je ne parle pas ici des tsunamis et autres catastrophes humaines ou naturelles qui frappent le globe. Non, je veux évoquer certaines grandes douleurs peu connues qui, comme chacun le sait, sont souvent muettes.



Premières victimes : les parfumeurs. Les nouvelles normes de sécurité en vigueur à bord des avions conduisent les fabricants à se pencher sur des nouveaux conditionnements à proposer au public. Fini le déodorant en stick ou en flacon de 100 ml, presque standard, bonjour le 90 ml (dans les clous sécuritaires). Réunis en congrès à Chicago, vendredi dernier, plusieurs spécialistes de l’emballage sont obligés de revoir leurs flaconnages pour proposer, dès le mois prochain, des contenant rassurants. Si j’ose dire : on respire ! Autre victime du voyage, le « vanity case », celui d’Adriana, Kate et des autres. Quelques 100 millions d’exemplaires vendus à ce jour. Truffés de maquillages, de tubes divers et variés, assaisonnés de crèmes en tous genres, ils favorisent une beauté « explosive… » Au sens aérien du mot. Désormais il faudra faire avec les moyens trouvés à l’arrivée. Pas toujours simple.

Enfin, autres victimes innocentes du monde impitoyable du voyage : les gondoles lumineuses que l’on achetait amoureusement à Venise, les napperons de Bruges ou les cendriers de Vallauris d’un rouge criant (la forme de coquillage ouvert m'invitait à glisser le chewing-gum dont je voulais me débarrasser en arrivant chez ma grand-mère).
Eux aussi vont connaître la poubelle et la désaffection du grand public. Et savez vous pourquoi ? destinés à finir sur la télé, tous ces souvenirs impérissables sont désormais les victimes anonymes des écrans plats… Impossible de poser quoi que ce soit dessus.
Un vrai drame.

Marcel Lévy
ml@vacancespratiques.com

Mardi 21 Novembre 2006