vacances pratiques


Version imprimable

Prise de risque




Un prix plus élevé, mais plus transparent, c’est un pari. Celui d’être affiché plus cher que ses concurrents. C’est pourtant celui que prend Emirates (voir ci dessous) qui a décidé d’inclure dans ses prix les surcharges de carburant, au 1er novembre prochain. Avec un avantage : celui de se rapprocher de plus en plus du TTC. Tant attendu par le consommateur.

Le pari est double: celui de ne plus être le moins cher en vitrine, si tant est qu’Emirates soit en vitrine car généralement, la compagnie ne joue pas sur la fibre du prix. Il est surtout de rater la variation des prix du carburant, car une fois le prix annoncé, affiché, il est moins simple de le faire varier, affirme Jean-Luc Grillet, le patron de la Compagnie. A voir, puisque chacun sait que toutes les compagnies jouent la loi de l’offre et de la demande, ce que les gens du métier appellent le « yield management ». Le prix hors taxe fluctue, les surcharges carburant s’ajoutent puis celles des aéroports, on voit mal ce qui pourrait empêcher un prix incluant les surcharges de flotter tout autant.

Il reste donc le risque éventuel sur l’évolution du pétrole. Mais les compagnies se «couvrent » en achetant leur carburant avec des contrats fermes sur des périodes de moyen terme qui permettent d’avoir un prix fixe pour une grande partie de leur carburant, généralement celui qui est mis au frais dans les citernes à la maison. En l’occurrence à Dubaï. Il se trouve que ce n’est pas forcément l’endroit du monde où il est le plus cher, même si le pétrole représente moins de 10% des recettes de l’Emirat. Et presque tous les vols d’Emirates y passent, puisque l’une des raisons de créer la compagnie était, précisément, d’y amener du monde, et du frêt.

Limitée, donc, la prise de risque. En revanche l’avantage est clair : un prix qui se rapproche de plus en plus du TTC, celui qui est officiellement obligatoire. Les compagnies disent ne pas pouvoir l’afficher, puisque les taxes d’aéroports sont variables d’une plate-forme à une autre. Certes. Là, au moins, un élément de variation ayant disparu, il n’y aura réellement que des taxes à ajouter pour avoir le prix à payer. Un pas de plus vers la transparence. Si la communication qui doit aller avec est bien faite, le consommateur ne pourra qu’applaudir. Des deux mains.

Annie Fave
af@vacancespratiques.com

Mardi 22 Mai 2007