Pour une poignée de dollars



Heureux, le voyageur qui découvre que son vol transatlantique en classe affaires ne lui coûtera que 5€. Bien triste, la compagnie qui se rend compte -un peu tard- qu’une bévue informatique vient de lui faire perdre à la louche 350 000 euros en divisant le prix de vente d’une centaine de billets par sept cents. Naïf, ce même voyageur qui pensait qu’Aer Lingus validerait une telle réservation.

L’histoire commence mercredi matin, quand le site de la compagnie irlandaise met en vente par mégarde des vols transatlantiques aller-retour d’une valeur de 3550 euros pour seulement 5 euros. Une centaine de client a le temps de se saisir de l’offre qui restera en ligne deux heures avant que le transporteur ne réagisse. Aer Lingus s’excuse, reconnaît sa responsabilité et se flagelle, s'excusant d'avoir commis une "authentique erreur" qu'elle reconnait «fondamentale». Les passagers concernés se voient rapidement avertis que la transaction n’est pas valide car permise par une erreur technique.
Sauf que les bienheureux qui ont acheté les billets ne l'entendent pas de cette oreille: l'Association des consommateurs irlandais rétorque que la compagnie se doit de les faire voler, étant liée par contrat aux bénéficiaires de cette cyber-bourde qui ont acheté leurs billets en toute bonne foi. Mais bien sûr. Juridiquement, le problème est complexe, et va sans doute se plaider. Les Irlandais manifestement vont s'en saisir, si d'autres en ont profité ils auront peut être bien du mal à défendre leurs droits puisqu'en Europe la législation de protection du consommateur est encore balbutiante.

Tout de même, pas un instant l’internaute ne s’est donc douté qu’un problème était à l’origine d’un tarif si bas? Peut-être a-t-il seulement pensé qu’Aer Lingus mimait les pratiques d’une autre compagnie irlandaise qui espère, justement, se lancer un jour dans le Transatlantique. Un peu plus cher, il est vrai: on a parlé de 10 €. Il reste que, aussi juvénile soit l’adage, vendu c’est vendu et reprendre, c’est bel et bien voler.

Alexis Dufour
ad@vacancespratiques.com

Dimanche 20 Avril 2008
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