Portnawak!



C’est la grande mode depuis deux ans: pour faire parler de soi, il faut faire une étude interne, un sondage, qui révèle les grandes tendances des Français en matière de voyages. Des tendances qui, bizarrement, collent parfaitement aux positionnements commerciaux du sondeur. Mieux encore, depuis deux semaines, ces sondages «faits mains» sont d’une pertinence étonnante et dévoilent qu’en raison de la crise, les français vont moins voyager… Avec les autres, mais bien plus avec ceux qui révèlent l’information. Et le pire, c’est que ces informations, so tendances, sont reprises sans interrogation, y compris par quelques apprentis sociologues du domaine. Du grand n’importe quoi !

Dernière surprise en date, hier, l’info tombe toute chaude dans la boite mail : IPSOS s’est fendu pour l’un de ses clients d’une étude qui révèle que le camping et la location sont les deux produits plébiscités par les Français en période de crise. Etonnant, non ? Bouleversifiant de réalisme. Idem pour un site de luxe qui expliquait vendredi dernier «que les ventes du domaine explosent en cette fin d’année 2009 avec une croissance qui frise les trois chiffres». Si, si… Les internautes ne comptent plus. Ben voyons ! Je passe les thèmes de sondage folklo comme les «dix meilleurs hôtels pour bien uriner» ou les «Dix hôtels les plus sales en Europe» pour en arriver directement au best : «Les pays européens les plus accueillants en matière de tourisme sexuel pour adultes». C’est Bill Clinton qui aurait aimé avoir l’info.
L’époque aux chiffres, comme si eux seuls pouvaient rassurer. Du moins se prémunir contre la peur de la crise. Une arme «anti scoumoune» pour se donner du courage. Le voyage a toujours été un domaine professionnel fait de flambeurs, un peu hâbleurs, un peu menteurs. Montrer des muscles imaginaires pour se donner bonne prestance. Jouer avec les chiffres pour s’inventer un avenir brillant ou justifier d’un passé en demi teinte. Au jour d’aujourd’hui, chez les voyagistes, on parle à mots couverts d’une baisse moyenne de 20 à 30 % des réservations du début d'année. Même les gros n’échappent pas à la morosité ambiante, même s’ils restent plus discrets que les autres.
Face à cette tendance pessimiste, qui risque de durer au début 2009, on peut imaginer une approche plus positive de la communication touristique. Plus portée sur l’information, l’envie, le prix, les attentes du consommateur. Bref, un réalisme éditorial qui incite à partir à découvrir.

Marc Dandreau
md@vacancespratiques.com

Mardi 4 Novembre 2008
pub
pub