Pékin en chute libre



Comme à chaque fois, la destination olympique attendue ne fait pas le plein touristique. Crainte de la foule, rumeurs d’attentats, manque de visibilité des épreuves sans oublier des prix qui gonflent fâcheusement avec la montée du drapeau olympique? Pékin n’échappe pas à cette loi du genre même si, selon une étude américaine, la ville ne doit pas connaître d’excès tarifaires incontrôlés. Mais les Chinois eux mêmes peuvent compenser!

«Nous sommes décidés à montrer que la vie quotidienne en Chine est économique et très agréable», avait déclaré le Président Chinois lors de l’annonce du choix de Bejing pour les Jeux de 2008. On peut épiloguer sur les soucis actuels du pays, du Tibet au Sichuan, et condamner les choix politiques. Mais le phénomène nouveau, c'est que le nationalisme chinois est redevenu à la mode. Finies les envies débridées de tourisme dans le monde, les chinois annoncent clairement qu’ils veulent redécouvrir leur pays, leurs traditions, leur culture. «Désormais», a même précisé l’un des hauts responsables du tourisme chinois, «Nous nous devons d’aller à la rencontre de nos richesses nationales». Une déclaration anodine qui pourrait bien peser sur la fréquentation touristique chinoise dans le monde. Les incidents parisiens autour de la flamme auraient exacerbé ce sentiment nationaliste et les intentions de voyages en France auraient ainsi chuté de 35 %. On comprend naturellement les «combats de coq» que peuvent livrer quelques factions chinoises, convaincues que l’occident représente toujours un danger majeur pour la Chine… Du moins jusqu’aux Jeux olympiques. Car gageons bien qu’une fois passée la manifestation, l’envie de voir du pays reprendra chez les chinois… Et les européens très attirés par la Grande Murailles, Shanghai ou Pékin. Une fois terminée les joutes verbales, place au tourisme retrouvé. Pas un spécialiste du voyage n’a le moindre doute sur le sujet. C’est rassurant.

Marcel Dandreau
md@vacancespratiques.com

Dimanche 25 Mai 2008
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