Pauvre pays



Les dépêches sont à nouveau tombées en rafales ce mardi à propos de l’Algérie : six personnes ont été tuées et 13 blessées en Kabylie dans sept attentats quasi simultanés à la bombe et à la voiture piégée. Un attentat contre le bus d’une société américaine avait fait un mort près d’Alger début décembre, d’autres attaques avaient eu lieu fin octobre à Derghana et Regghaïa, dans la banlieue Ouest d’Alger. Alors, inévitablement, se pose la question de la fréquentation touristique du pays.

En recevant le Conseil exécutif de l’Organisation Mondiale du tourisme, en novembre à Alger, les autorités algériennes disaient tout leur espoir de voir enfin le tourisme reprendre et demandaient un coup de main pour remettre sur pied les infrastructures nécessaires et les organiser. Sans doute les Nations Unies ne s’arrêteront elles pas à une série d’attentats. Mais les touristes ? Alger affirme que le GSPC, des islamistes proches d’Al Qaida, ne serait plus fort que de quelques centaines d’hommes, la plupart des autres groupes islamistes ayant choisi de bénéficier de la Loi sur la réconciliation, qui leur accorde l’amnistie en échange de dépôt de leurs armes. Mais quelques centaines d’hommes font encore des dégâts sur l’image de la destination.
Le Quai d’Orsay n’interdit pas le pays, il recommande seulement sur son site de jouer à fond la sécurité en restant dans les villes, en ne circulant pas en voiture, ni la nuit. Des consignes valables dans bien d’autres pays. Il souligne que les Wilayas du grand sud ont été depuis deux ans épargnées par le terrorisme, et que les voyages en avion peuvent s’y faire directement, soit de France soit d’Alger. C’est de fait un soutien que le Ministère des Affaires étrangères apporte à la destination, alors qu’il se montre parfois infiniment plus circonspect. Les voyageurs entendront donc sûrement l’appel du désert, et d’autant plus volontiers qu’Alger organise pour la 3ème année, fin mars, un Festival du Tourisme Saharien qui promet tambours et trompettes dans l’Oasis de Taghit. Il reste aux autorités à démontrer leur capacité à éteindre les derniers incendies pour qu’enfin, plus jamais, les dépêches sur le terrorisme ne tombent.

Anne Le Goff
alg@vacancespratiques.com

Mercredi 14 Février 2007
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