Ours attak !

Il ne manquait plus que ça ! L’ours des Pyrénées a bien fait peur ce week-end à un placide randonneur qui traînait ses pataugas au dessus d'Orlu dans l’Ariège. L’affaire serait sans suite voire drôle (la course poursuite entre le marcheur et l’animal s’est finalement terminée chez le maire de la commune) s’il n’y avait les anti ours et leur volonté farouche de bouter le plantigrade hors des sentiers pyrénéens.



Loin de rentrer dans le débat, je me pose simplement une question de néophyte : plutôt que de chasser l’ours, ne pourrait-on pas profiter de lui pour faire du « bizness » dans nos montagnes. Ne pourrait-on, comme cela se passe déjà avec succès du côté espagnol de la frontière, se servir de l’ours comme d’un tremplin pour bâtir des produits touristiques originaux dont les amateurs de nature (et ils sont nombreux) sont si friands. Certains tours opérateurs, comme Saiga ou des associations de randonnées en Ariège proposent bien des randonnées à la découverte de l’animal et de son mode de vie. Bien maigre.
Sinon, quelle autre alternative ? Donner raison à certains bergers et pousser leur théorie jusqu’au bout en supprimant tout animal dangereux de la nature ? Dans ce cas, sus aux vipères, abeilles et guêpes (22 morts par an), autrement plus dangereuses pour le touriste et l’homme en général que l’ours.
Cela me rappelle un récent voyage en Australie. Un chauffeur de taxi qui me ramenait à l’aéroport de Cairns me racontait que le matin même, il avait trouvé dans son jardin un alligator qui se chauffait au soleil. Loin de s’affoler ou de lui coller une balle de plomb entre les deux yeux, notre homme avait simplement appelé les services concernés qui avaient capturé l’animal pour le relâcher quelques kilomètres plus loin, en pleine nature. Comme quoi, il existe encore des pays où la nature la plus sauvage cohabite avec l’homme. En toute sérénité.

Stéphanie Clément
scg@vacancespratiques.com

Mardi 13 Juin 2006
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