Obélix aurait bien ri

La paranoïa américaine aura eu raison de nos plus célèbres gaulois : Astérix et Obélix. Imaginez un seul instant que pour passer la sécurité dans les aéroports de Paris, « Les passagers pourront être amenés à prouver l'authenticité des produits en les goûtant ou en présentant une prescription médicale (ordonnance, certificat d'un pharmacien…) ». Extrait de la note envoyée à la presse !



Avouez que même Goscinny, dans ses délires les plus fous, n’aurait pu imaginer qu’il faudrait pour voyager employer les éventuels services d’un goûteur… qui accepterait de se « suicider » au Codutyssil ou de s’intoxiquer au Synthol. De quoi faire revivre l’aventure égyptienne de nos deux gaulois avec leur célèbre gâteau empoisonné offert à Cléopâtre ! On connaît la suite : le goûteur royal est vert de douleur et seul l’antidote du druide Assurancetourix les sortira du mauvais pas. Ouf. Ce qui surprend à la lecture de la note d’ADP c’est que, dans son élan restrictif, le législateur ne précise pas la quantité à goûter. Avec un sirop contre le mal de gorge, pas de souci… Mais avec un laxatif, je n’ose imaginer les allées de l’avion et l’embouteillage (c’est le cas de le dire) aux toilettes. Coluche aurait eu de la « matière » pour son sketch sur les dragées Fuca !

Tout cela est risible et pas une interdiction n’empêchera un terroriste décider de trouver la solution pour accomplir un horrible carnage en vol. Il en est ainsi. Tous les spécialistes le savent bien. La semaine dernière Philippe Legorgus, dans le cadre d’une réunion des professionnels de l’aviation, expliquait que seule la militarisation des services de sécurité était une réponse efficace aux attentats. Les propos de l’ancien patron du GIGN peuvent choquer. Mais il n'y aurait pas d'autre solution.
Une démocratie à le droit de se protéger sous peine de prendre (mais de le faire goûter avant) le bouillon de la sécurité

Marcel Lévy
ml@vacancespratiques.com

Lundi 30 Octobre 2006
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