Ne va-t-on pas trop loin ?

Albert Camus, que l’on ne peut pas accuser d’intolérance, écrivait « qu’il faut se méfier des grandes causes portées par des minorités car elles conduisent la masse au rejet des idées généreuses ». Tout excès, appuyé par de bons sentiments, produit souvent l’inverse de l’effet recherché.



Sans doute l’avez-vous remarqué, depuis quelques semaines (pour ne pas dire quelques mois), on découvre les vertus des marchés de niche. L’un de ces nouveaux eldorados marketing s’intéresse aux « voyages des gays et lesbiennes ». Comme si cette étiquette, accolée au mot voyage, limitait les capacités des intéressés à se fondre dans la masse et à apprécier ce qui les entoure sans se soucier des préférences sexuelles. « L’homosexualité, marché d’avenir » écrivait un quotidien. Ce n’est pas faux si l’on en juge par les études évoquant à grands renforts de détails la richesse de ces DINK (Double Income - No Kids*) aux revenus élevés. Cette mise en « ghetto » d’une clientèle laisse toujours des traces, suscite des envies, attise des jalousies. Tout le monde le sait, bon nombre d’homosexuels sont comme vous et moi au quotidien et ne demandent ni compassion, ni traitement de faveur. Les cloisonner m’apparaît dangereux. L’homophobie n’est jamais bien loin. D’autant qu’à partir de telles classifications économiques, à double critère, tout est possible. On serait alors choqué d’apprendre qu’il existe des catalogues de voyages réservés aux seuls noirs riches ou aux asiatiques fortunés….

Marcel Lévy
ml@vacancespratiques.com


* Deux revenus pas d’enfants

Mercredi 5 Juillet 2006
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