Mes pas dans les pas de mon père



Parce qu’il y en a marre des calembours à trois francs six sous dans la cour d’école. Parce qu’il y en a marre des «Tu t’appelles Dupont parce que tu habites près d’un pont?», lancé par votre neveu qui vous met déjà en boîte à huit ans. Pour ça, et pour plein d’autres raisons, vive le tourisme généalogique ! Une fois que je serai retourné sur les terres de mes ancêtres et que j’aurais percé les mystères de mon patronyme, je m’en vais te les moucher, ces sales mioches!

Tendance discrète mais tendance quand même, le tourisme généalogique se développe. Vous en pratiquez peut-être même sans le savoir! La simple démarche de se déplacer, ne serait-ce que de quelques kilomètres, sur les traces de vos ancêtres relève du tourisme généalogique. A plus grande échelle, une poignée de voyagistes américains propose ainsi des produits luxueux mêlant croisière de rêve et recherche généalogique. Un voyage qui permet à quelques privilégiés de réfléchir à leurs ascendances irlandaises… dans les lagons turquoises des Bahamas.
Changement de lieu, c’est aujourd’hui la France et le Canada qui exploitent le filon. Le 8 juillet prochain marquera le quatre centième anniversaire de l’arrivée des 10 000 pionniers en Nouvelle-France. Les deux pays organisent pour l’occasion une grande campagne de promotion baptisée «La France: une histoire de famille depuis 400 ans». Avec l’aide d’un généalogiste, ils ont localisé les villages et communes françaises dont étaient originaires la quasi-totalité des émigrants. Nombre de Bédard, Gagnon ou Dion sont donc invités – à leur frais - à découvrir le coin de pays de l'ancêtre qui leur a légué son patronyme. Une pratique qui remonterait à 1935, date à laquelle l’agence Thomas Cook aurait organisé une traversée sur le Lafayette de la Compagnie Générale Transatlantique pour un retour aux racines.
Mais ai-je vraiment envie de savoir, de connaître les origines de ce petit génie de la prose ? Celui qui, sujet à un manque d’imagination chronique ou à une crise de flémingite aiguë nous affubla, mes ancêtres et donc moi, d’un sobriquet redoutable. Celui qui un jour, à la question «Qui dois-je annoncer», répondit, non sans un certain panache, «Dufour, t’as qu’a dire Dufour, tiens !».

Alexis Dufour
ad@vacancespratiques.com

Lundi 28 Avril 2008
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