Mauvais débat…

Mauvaise nouvelle ! Après les femmes, le sida et le cancer, le tourisme responsable a désormais sa journée… Notez bien, en ces temps où l’écologie et le développement durable ont le vent en poupe, l’information ne choquera personne.



Cette journée aura donc lieu le 14 novembre 2007 à l’occasion du World Travel Market (WTM), le salon mondial du tourisme qui se tient à Londres. Pour ceux qui auraient, comme moi, du mal à habiller d’exemples concrets le terme plutôt vague de tourisme responsable, sachez que ce dernier comprend des voyages en petits groupes, des actions de sensibilisation au respect de la nature, de découverte des populations, d'aide financière ou pratique au développement d'infrastructures comme des adductions d'eau.
Par opposition, je présume, aux personnes qui partent régulièrement à grands coups de charter, bronzer sur une plage de Tunisie ou des Caraïbes et qui, à raison de quelques semaines par an, veulent juste « glandouiller » au soleil sans se préoccuper de rien d’autre. Ceux-la, vous, moi et la grande majorité des voyageurs en ce bas monde, pouvant être aisément taxés de touristes irresponsables… J’exagère ? A peine. Surtout quand je lis les propos de Fiona Jeffery, la directrice du World Travel Market qui explique que le tourisme a la responsabilité d'aider les populations locales où qu'elles se trouvent, de leur fournir des abris, des emplois, de l'eau propre, de la nourriture et de l'éducation. Et de poursuivre, je cite : « Nous devons les protéger de l'exploitation, de la corruption et du mensonge ». Le tourisme transformé en ONG… Pourquoi pas, mais attention : les touristes sont, par définition même (dans le Robert), « des personnes qui voyagent pour leur plaisir ».

Vouloir les transformer demain en « Tintin de l’humanitaire » chargés de résoudre les problèmes des pays dans lesquels ils voyagent relève d’une grande naïveté et, à mon sens, d’une grande hypocrisie. Je me souviens ainsi d’un voyage au Mali il y a trois ans. Le groupe de voyageurs avec qui je visitais le pays aurait beaucoup plu à Mme Jeffery. A grands coups de bons sentiments, ils distribuaient à tour de bras des médicaments amenés dans leurs valises à toutes les femmes qu’ils croisaient dans le pays dogon. Pas plus médecins que moi, ils ne se demandaient pas à quoi serviraient ensuite ces médicaments ni comment ils allaient être utilisés.

Nous n’étions plus dans le tourisme. Nous n’étions sûrement pas dans l’humanitaire. Nous étions seulement dans la bonne conscience à petit prix.


Stéphanie Clément
scg@vacancespratiques.com

Mercredi 8 Novembre 2006

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