Les vacanciers, rois du système D

Pour les vacances, vous êtes agence de voyage ou « Self travel » ? Les rois du système D savent bricoler leurs projets sur internet et si beaucoup se rassurent encore en agence, le fait est que les tour-opérateurs et les agences ne sont pas à la fête !



Si le tourisme fait les beaux jours de l’internet, il fait des victimes collatérales, les agences de voyage mais aussi les tour-opérateurs. Les consommateurs sont devenus les rois de la recherche pour leurs vacances, et pas seulement pour le meilleur prix. Ils dépensent parfois plus en direct qu’ils ne l’auraient fait dans une agence ! Mais ils ont concocté eux-mêmes leur programme, avec du temps, de l’amour et de la passion. Une passion qui manque souvent lorsque vous franchissez la porte d’une agence…

Pour cette raison, 2013 s'annonce aussi difficile que 2009, au pire de la crise, pour les agences et les TO. Les prises de commandes pour les voyages à forfait cet hiver chutent de 10,3% en nombre de passagers et de 7% en chiffre d'affaires. Le trafic de touristes vers les destinations long-courriers s'effondre de 16,4% cet hiver. Manque de moyens, pas envie de partir loin ? Le fait est que le moyen-courrier ne plie que de 2,1%. L’Italie, la Grèce ou le Maroc affichent des réservations en hausse (respectivement de 68%, 24% et 20%. De quoi compenser les destinations qui nous font peur : l'Égypte (-47,1%), la Turquie (-29,2%, victime sans doute des bruits de bottes en Syrie) mais aussi plus curieusement l'Espagne (-28,3%). Ce sont les résultats obtenus en agence et directement auprès des TO qui s’inquiètent de voir les vacanciers bouder leurs offres «tout compris», leur cœur de métier.

Il leur reste des options pour nous reconquérir : les agences peuvent faire valoir leurs garanties. Garantie de vol, de résultats, de prix, mais aussi de savoir faire ! Leurs compétences de spécialistes doivent leur permettre de faire mieux que nous en ligne, avec des programmes ajustés au plus près de nos demandes et des prix bien calculés. Malheureusement, aujourd’hui leur travail est souvent pris dans une mauvaise spirale : leurs moyens limités leur font embaucher des minettes qui, pleines de bonne volonté, connaissent souvent moins bien que nous les destinations demandées. Aïe. Et nous revoici partis sur le net, pour un nouvel exercice de self travel. CQFD.

Annie Fave

Mercredi 12 Décembre 2012
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