vacances pratiques


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Les vacances malmenées


L'attentat commis hier à Marrakech est un nouveau coup dur pour le tourisme. Tunisie, Egypte et Maroc sont très exactement les destinations phares des Français à l'étranger et si d'autres pays peuvent en bénéficier, pour l'instant les agences de voyage guettent le client.



La tentation du repli: c'est très clairement le syndrome qui guettent les vacanciers français qui, déjà frappés au portefeuille et surtout au moral, risquent fort de vouloir rester cet été dans l'Hexagone. Les révolutions sont passées, en Tunisie et en Égypte, les pays se relancent mais manifestement les clients sont frileux. Il n'y a pas vraiment de raison, personne ne s'en est pris aux touristes. Mais l'ambiance n'y est pas. Évidemment, l'attentat de ce jeudi, précisément à Marrakech, la ville la plus touristique du Maroc, est un message sur le thème "On frappe où on veut et quand on veut". Le résultat c'est que le Maroc, déjà en recul dans les carnets de voyage par un effet global "anti Maghreb", risque fort d'être inscrit en rouge pour de bon. Ne pas y aller, c'est faire le jeu des terroristes. Et pour beaucoup, y aller c'est passer les vacances l'œil aux aguets, évidemment loin de la détente attendue et nécessaire. Dur dilemme, alors que le tourisme est la recette numéro 1 ou 2 de la Tunisie, de l’Égypte et du Maroc.

Et les agences dans tout çà ? Elles font grise mine. L'Asie reste encore victime des inquiétudes au sujet du nucléaire japonais. Le Maghreb est en panne et, curieusement, les alternatives logiques ne sont pas vraiment à la fête. Par exemple la Grèce, parce qu'on s'inquiète des grèves, la Turquie parce qu'elle est amalgamée aux pays musulmans. L'Espagne se porte mieux, notamment côté Baléares, Madère aussi. On ne parle pas des Etats-Unis et du Canada, deux destinations vraiment reparties depuis 2 ou 3 ans. Mais évidemment, les prix ne sont pas les mêmes. Du coup, plus que jamais, les ventes de dernière minute risquent d'être plus fortes. Non pas forcément pour obtenir des meilleurs prix mais parce qu'on "attend de voir". La météo, comme chaque année, mais les événements aussi. Il est certain que cette année, le rapport sécurité/prix sera plus important qu'un très bon tarif. Pour les tour-opérateurs qui ont pris des engagements, en réservant ferme des hôtels ou des sièges d'avion, le printemps est dur. Très dur, même.

Annie Fave

Vendredi 29 Avril 2011