Les panous-panous

Connaissez-vous cette nouvelle race à deux pattes, les mains levées en signe de dénégation et de repoussoir, les panous-panous ? Une race de bipède qui prend les voyageurs pour des truffes et rejette la faute sur les autres : non, les retards et les embouteillages, ce n’est pas nous. Pas nous !



L’été sera chaud, dans les aéroports. Au sens propre, puisque le soleil a décidé semble t-il de nous honorer de sa présence. La climatisation devrait nous permettre d’en éviter les principaux inconvénients, mais elle n’évitera pas l’agacement. Car avec ces départs plus nombreux, pour aller explorer d’autres cieux, les files d’attente s’allongent de façon… exponentielle. Prenez un jour de semaine à Orly Sud. Première file d’attente à la douane. Ggrrr. Deuxième file d’attente à la sécurité. Longue, très longue celle là, car nous sommes un matin classé rouge mais malgré cela, seuls 6 postes de contrôle sur 10 sont ouverts. Et aux questions posées, l’agent de service, aimable au demeurant, répond que ce n’est pas lui, agent d’Alyzia, mais ADP qui est en cause. Oubliant ainsi qu’Alyzia est filiale d’ADP. Qui répond pour sa part que c’est la faute des compagnies, puisque le nombre de postes ouvert dépend de la demande formulée par leurs clients. Mais les compagnies elles-mêmes répondent qu’elles n’y sont pour rien, d’ailleurs les retards leur coûtent cher et perturbent leurs activités, puisqu’il faut attendre les passagers restés coincés aux contrôles. De beaux panous-panous, tout ça.

Ces panous ont trouvé un bouc émissaire commun, les contrôleurs aériens. Mis en cause au printemps par la cour des comptes, ces contrôleurs ont le dos large, idéal pour être la cible des panous-panous. Ils feraient une grève du zèle, limitant leurs actions au strict nécessaire ce qui, en période de haute densité de trafic, provoquerait des retards et perturbations. Mais les contrôleurs ont eu aussi une victime toute trouvée: la météo, avec des orages qui limitent la possibilité de glisser des avions dans le ciel. Ou encore et surtout l’état. Ben oui, l’Etat, puisqu’il n’y aurait plus assez d’effectifs pour passer les points de trafic. Mais l’état, ce ne serait pas nous, justement ? Donc c'est en fait de notre faute, vilains voyageurs et vacanciers, qui surchargeons le ciel avec nos envies de partir. A non, alors, pas nous, pas nous !

Annie Fave

Jeudi 8 Juillet 2010
pub
pub