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Les grandes manœuvres




Un salon pas comme les autres : le salon aéronautique qui ouvre ses portes ce lundi au Bourget sera celui des grandes maoeuvres. Bataille commerciale entre Boeing et Airbus, mouvement politique pour le Président Sarkozy (qui y viendra samedi) et opération séduction pour tous, le secteur aéronautique étant plus que jamais mis en cause pour son impact sur l’environnement.

C’est un salon qui séduit : le Paris Air Show n’a lieu que tous les deux ans et pas moins 400 000 visiteurs sont attendus cette semaine par les plus de 2000 exposants. Le grand public pourra se presser le week-end prochain au Nord de Paris (ouverture à tous vendredi, samedi, dimanche, au prix de 12 € l’entrée) et en attendant, place aux professionnels et aux négociations de contrats dans des bureaux feutrés, derrière les stands.

La grand’messe de l’aéronautique aura lieu cette fois dans un contexte économique florissant. Après des années de restructurations, les compagnies aériennes en effet se portent bien, le trafic est en moyenne en hausse de 6% et les carnets de commande sont pleins. Mais la bataille fait rage entre Boeing et Airbus, l’américain étant actuellement en position de force avec son dreamliner 787 tandis qu’Airbus est en retard avec son A 380, et en pleine remise en cause, sur fond de restructuration et de rumeurs de délocalisations. Le Président français, qui se rend au salon samedi, s’est déclaré prêt à prendre ses responsabilités. Ses moindres mots seront analysés à la virgule.

Mais au-delà, il reste un enjeu majeur commun à l’aéronautique, celui de l’environnement . Les compagnies aériennes, après avoir regardé de haut les environnementalistes, comprennent aujourd’hui les enjeux d’une meilleure communication et affirment désormais vouloir prendre en compte la préoccupation CO2. D’ici la fin du mois, Air-France devrait publier un outil de calcul pour permettre à ses clients de « compenser » leurs dépenses de carbonne. Iata, l’association des compagnies, dit vouloir agiter tous les leviers à sa disposition pour améliorer ses performances, du raccourcissement des routes aériennes aux améliorations des moteurs. Actuellement le trafic aérien ne représente que 2% des émissions de gaz à effet de serre (chiffres officiels) mais devraient prendre une part de plus en plus importante à mesure que les industries, soumises –elles- au protocole de Kyoto, vont réduire leur production. Il est urgent d’agir sous peine de voir les consommateurs se mettre à bouder progressivement l’avion. Aujourd’hui, le mouvement est marginal, mais il n’est que de circuler un peu sur les forums pour voir à quel point le sujet prend une importance grandissante.

Annie Fave
af@vacancespratiques.com

Dimanche 17 Juin 2007