Le voyageur est-il pris pour un imbécile ?

Sans doute avez vous remarqué, à l'occasion des intempéries neigeuses de décembre 2010, l'attention toute particulière apportée par les opérateurs aériens, compagnies et aéroports, aux besoins d'informations des voyageurs. Cela ne veut pas dire qu'ils ont été à la hauteur sur le sujet. Au contraire. Mais tous sont unanimes à dire qu'il fallait accompagner leurs voyageurs. Ensemble, devant le Ministre des transports, le 13 janvier dernier, ils ont même juré qu'ils seraient irréprochables sur le sujet. Et pour cause ! Ils gagnent de l'argent sur votre dos !



Responsable de cette situation : le numéro de téléphone surtaxé. Celui qui frôle les 0,34 cts d'euros. L'un des plus chers des accès grand public. Prenons l'exemple de Lufthansa. Le numéro de téléphone fourni sur le net (0892 231 690), est payant : 0,337 cts d'euros la minute. Quand, en cas de doute, vous appelez pour un vol tôt le matin, vous entendez : "Après le bip, cet appel vous sera facturé 0,337 cts d'euros la minute". Pas de bol, le message qui suit le fameux "bip" vous informe que le bureau n'ouvre qu'après 8h30. Vous venez de modestement financer la compagnie allemande car toute minute commencée est due !
Elle n'est pas la seule à profiter de cette manne. ADP fait la même chose au 3950 à 0,34 € TTC/min. Malin, l'aéroport nous donne sur internet le numéro à composer depuis l'étranger, le +33 1 70 36 39 50. Encore plus futé, il précise, si vous appelez, que ce numéro n'est pas accessible depuis la France ! Bienvenue chez ADP ! A l'inverse, Air France joue le jeu de sa clientèle avec un numéro client avantageux : le 09 69 39 10 30 (prix d´un appel local depuis un poste fixe). Mais la compagnie française succombe aux démons du numéro surtaxé pour les ventes par téléphone, avec un 3654, facturé là aussi 0,34 cts d'euros.
Pour expliquer cette dérive, qui peut devenir très rentable pour les compagnies et les aéroports, toutes expliquent que le service au client coûte cher et que les numéros surtaxés permettent de faire baisser la note. Il est vrai que sans les clients, les vendeurs seraient plus heureux.

Marcel Levy

Vendredi 21 Janvier 2011
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