Le voyage, ça se mérite !

Loin de moi l’idée de faire l’apologie du routard aux gros godillots qui mesure la qualité d’un voyage au nombre de kilomètres parcourus… Pour autant…



La tendance qui prévaut aujourd’hui dans le monde du voyage et qui consiste à mettre le moins de distance possible (au sens propre surtout) entre le touriste et le site qu’il visite m’inquiète. Les visiteurs déversés par cars entiers au pied des pyramides, les voyageurs qui passent seulement un week-end sur le site d’Angkor après une arrivée directe sur site (ou presque) en avion, les touristes incapables de faire un pas dans un capitale européenne sans utiliser leur bus… Est-ce du voyage ou de la consommation de sites touristiques qui pourraient se retrouver tous au même endroit tant leurs environnements importent peu aux yeux de certains. Et pourquoi pas demain le sommet de l’Himalaya ou du mont Ararat accessible par téléphérique et un défilé de lions et de buffles devant la terrasse d’un lodge dans le parc du N’Gorongoro… Histoire de « faire » ces lieux, tasse de café à la main et confortablement installé à l’abri des intempéries. J’exagère… Oui, mais à peine hélas. A l’heure où les baby boomers arrivent en masse sur le marché du voyage, espérons que ce dernier ne se transforme pas en usine à gérer du pseudo-grabataire incapable de faire deux pas sans assistance. Car les sites touristiques, quel que soient leurs beautés, ne seraient rien sans le pays et les gens qui les entourent. Autant de richesses peu atteignables par la fenêtre du autobus.
Stéphanie Clément
scg@vacancespratiques.com

Mercredi 18 Octobre 2006
pub
pub