Le sens de la découverte



Savez-vous ce qui pourrait sauver le monde du tourisme lorsqu’il y a des crises ? Ne cherchez pas, c’est difficile à trouver. La solution : la gratuité, pure et simple des outils capables d’aider à la consommation comme l’avion, le train voire l’hôtel. Non, je ne délire pas, je cite simplement Chris Anderson qui, dans son dernier ouvrage “free”, donne une excellente définition de ce que pourrait être le monde des vacances d’ici une petite cinquantaine d’années. Rédigé tel quel cela surprend. Laissez-moi vous expliquer.

Pour Chris, mi sociologue, mi économiste réputé, ce qui coûte le plus cher ce n’est pas l’exploitation mais les services à valeur ajoutée qui y sont associés. En clair, un avion ne coûte pas grand-chose pendant les 30 années de son exploitation. Ce qui coûte, c’est l’entretien, le carburant, les aéroports, le personnel… Bref, tout ce qui l’entoure. C’est donc cette valeur qui doit être payée par le consommateur. Je veux payer le moins cher, je pars de Beauvais. Je veux aller vite, je pars de Paris Orly ou CDG. Une valeur soit mais aussi une marge pour garantir la bonne exploitation de l’avion. En clair, c’est la somme des services que l’on voudra acheter qui donnera le prix final d’un voyage. Si vous réfléchissez bien, on est dans le modèle économique du low cost. Rien de bien neuf. Il en va de même pour l’hôtellerie. Prenons pour exemple la République Dominicaine qui, en période de crise, vendait aux voyagistes une journée « all inclusive » autour de 30$ tout compris. Un prix certes réservé aux pros mais qui se retrouvait facilement sur place à qui voulait se donner la peine de passer deux ou trois coups de fil.

Chris Anderson le dit clairement : « L’offre sera d’année en année surdimensionnée. Ce qui comptera le plus, ce n’est pas de vendre ce qui existera mais de faire en sorte de le rentabiliser ». Offrir un billet gratuit pour Punta Cana n’a donc rien de ridicule. Organiser des services ayants autour d’hébergements gratuits pourrait être logique. Et si vous regardez bien, certains voyagistes français ne sont pas loin de ce modèle en période basse. Vendre moins de 500 € un séjour République Dominicaine étonne toujours. Sauf si à l’arrivée, l’essence même des vacances se paye en dollars. Chris Anderson n’a pas tort, il faut étudier attentivement le gratuit. Il y a de l’argent à se faire.

Marcel Lévy

Lundi 5 Octobre 2009
pub
pub