Le retour de la guerre des prix

Heureux le voyageur sans contrainte familiale forte, le royaume des bons plans lui est ouvert. La fin septembre, qui marque traditionnellement la fin des grandes vacances, a le mérite de sonner le coup d'envoi des promotions que ce soit dans l'aérien ou le voyage à forfait. Avec l'approche de l'hiver, la situation météo tarifaire des vacances est inversement proportionnelle à la température ambiante. Plus on va vers le froid, plus les baisses sont fortes. Autant en profiter sans modération avant que n'arrivent ces intervalles fâcheux pour la bonne humeur du voyageur : les vacances scolaires !



"Heureux les célibataires, orphelins et sans enfant", disait un ami récemment divorcé, bousculé par ses propres parents et obligé de verser une pension alimentaire importante à son ex femme. Il ne croyait pas si bien dire. Aujourd'hui, selon une étude du Ministère du tourisme, les vacances hors saison représentent un peu plus de 26 % du chiffre d'affaire global du voyage. Et il faut dire que la période est propice aux bonnes affaires : la Tunisie à moins de 350 € la semaine (voire ponctuellement 249 €), le Maroc dans les mêmes prix, le Sénégal à 7 ou 800 euros tout comme Maurice (950 €) ou Bali (1150 € les dix jours). Des tarifs imbattables qui ne cachent pas forcément des défauts évidents, mais marque simplement le besoin d'attirer le chaland. Mais comment, me direz vous, obtenir de tels prix ? Simple, cela s'appelle le yield management. Face à la concurrence mondiale des loisirs, les voyagistes doivent s'engager très tôt sur des hôtels et des sièges d'avion pour avoir de bons prix et de la disponibilité toute l'année. Mais voilà, il fait généralement acheter en janvier sans bien savoir ce que feront les clients 9 mois plus tard. On s'engage sur un prix unique "global" que l'on va ensuite augmenter selon le principe de l'offre et de la demande. Cher en été et aux vacances scolaires. Raisonnable à l'inter saison... Plancher hors saison. Petits veinards, vous êtes en plein dedans. Voilà ce qui explique que, pour certains pays, l'agence de voyage est souvent moins chère que l'achat direct des différentes prestations : avions, hôtels, animations... Il est vrai que depuis cinq ou six ans, les retraités mais aussi certains commerçants ou des professions libérales ont bien compris l'enjeu de ces séjours hors saison. Quand il commence à faire dix degrés à Lille, Paris ou Lyon, il est grand temps d'aller chercher les 26° de Punta Cana, Sally ou Cancun. C'est bien connu, le malheur des uns fait toujours le bonheur des autres

Marcel Lévy


Vendredi 7 Octobre 2011
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