Le pari risqué du Club Med



A peine le Club de Tignes ouvert à grand renfort de Ministre du Tourisme, voilà que les experts en «clubmedologie» s’interrogent sur l’avenir de la marque. Le charisme d’Henri Giscard d’Estaing ne pourra pas faire oublier la crise. Les résultats financiers, moyens, sonnent le glas d’une montée de gamme rapide de tous les établissements. Face au Club, la concurrence s’est organisée, développée voire engouffrée dans l’image qualitative véhiculée par la marque aux tridents. Le «club de vacances» s’est banalisé. Son image aussi.

Pendant longtemps, le Club Med a été synonyme de vacances réussies. Et de fait, il a tout inventé : les buffets somptueux, les animations décalées, les soirées festives, les spectacles ou la prise en charge des enfants. Autant de concepts aujourd’hui pillés par des concurrents soucieux de rentabilité plus que de qualité. Si l’arrivée d’Henri Giscard d’Estaing a relancé la machine, voilà que se profilent aujourd’hui les prémices d’une crise mondiale qui pourrait bien bousculer l’avenir de la marque. Première remarque, le «moyen de gamme» n’existe plus, il est balayé par le haut de gamme. Un domaine ou le Club Med veut prendre pied. Mais à tarifs identiques, certaines offres dites de luxe restent plus compétitives. La bataille des prix dans la gamme des 1500 à 2000 € la semaine ne fait que commencer. Et dans cette gamme, le Club Med ne sort pas toujours gagnant de la comparaison. Les raisons sont nombreuses : des chambres de base souvent petites malgré une rénovation de qualité, des buffets trop luxueux à une époque où il est de bon ton de ne plus gaspiller, des prix élevés voire surdimensionnés sur certaines destinations, des animations sportives qui ne sont plus aussi innovantes qu’avant.
Il reste que le Club Med possède une arme inégalée : l’emplacement de ses villages. Autant de perles rares que les concurrents ne peuvent plus aujourd’hui retrouver. L’argument sera-t-il suffisant ? Les spécialistes en doutent. Les clients en sont persuadés. Le tourisme nouveau qui apparaît aujourd’hui sur le marché fait la part belle aux séjours construits autour du lieu de résidence. La place, la déco et la proximité immédiate des lieux de vie deviennent des atouts majeurs pour les vacanciers. Le retour au cocooning est observé partout dans le monde. Des données que le Club Med a déjà intégré. Seuls les futurs clients plébisciteront ou non les choix du groupe français.

Marcel Levy

Jeudi 22 Janvier 2009
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