Le juste prix



Sachant que le prix du kérosène a doublé depuis un an. Que du coup les compagnies se rapprochent ou fusionnent, pour tenter de tenir le coût… Mais qu’elles ne pourront pas pratiquer n’importe quel prix, puisque nous n’avons pas les moyens de le payer. Bref, quel sera demain le juste prix d’un billet d’avion ? C’est le nouveau quizz des voyageurs !


"L'impact sans précédent des prix du pétrole sur les compagnies aériennes est dévastateur et le secteur pourrait accumuler 10 milliards de dollars de pertes nettes en 2008, qui serait l'une des pires années de l'histoire de l'aviation", a averti James May, patron d’ATA, l’association des compagnies aériennes américaines. Le carburant coûte en moyenne 139 dollars sur un billet facturé à 191 dollars, a expliqué l'ATA, ce qui ne laisse que 52 dollars à la compagnie pour payer ses coûts fixes, excluant de fait toute possibilité de bénéfice. Ça forcément, cela n’aide pas. Du coup depuis le début du mois, les compagnies aériennes américaines ont annoncé une rafale de mesures: réductions de capacités, hausses de tarifs, mise à la casse des appareils les plus anciens, facturation de services jusqu'ici gratuits comme l'enregistrement du premier bagage ou le choix de la place.
Jusqu’à quand ? Un relèvement "d'au moins 20%" des tarifs permettrait de compenser la hausse des coûts du kérosène survenue depuis 2007, mais une telle hausse "n'est pas possible" au vu du contexte économique, explique le transport aérien. Certes : déjà que les surtaxes de carburant atteignent quasiment le prix d’un billet, à ce train là, bientôt plus personne n’aura les moyens de partir en vacances en avion ! Y renoncer ? Sans doute pas. Mais les limiter, sûrement ! Et ce sont les compagnies qui vont encore et toujours devoir se serrer la ceinture. Continental va retirer 67 avions de sa flotte et supprimer 3.000 emplois, et United compte procéder à une réduction de 100 appareils dans sa flotte assurant des dessertes intérieures, avec à la clef 1.500 emplois supprimés. Des annonces similaires ont été faites par American Airlines, Delta et Northwest.
Une nouvelle recomposition du paysage de l’aérien est en cours, par exemple United et Continental, numéros deux et quatre du ciel américain, ont annoncé un accord portant sur une vaste coopération aux Etats-Unis et à l'international. Et l’Europe ? Ryanair laissera des avions au sol l’hiver prochain. Les pertes d’Alitalia sont passé de 2 à 3 millions d’euros par jour, cela ne va pas pouvoir durer longtemps. Air France ne dit rien mais serre les dents. Bon, c’est sûr, moi, je me mets au loto…

Anne Le Goff
alg@vacancespratiques.com

Lundi 23 Juin 2008
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