vacances pratiques


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Le bon marché coûte cher




Dans son édition de samedi dernier, le Parisien détaillait la procédure judiciaire qui oppose le tour opérateur Switch (partirpascher.com) à une soixantaine de clients déçus par les prestations vendues. S’il appartient à la justice de faire la lumière sur cette affaire, et elle rendra son jugement en septembre, force est de constater que depuis quelques années, le consommateur n’est plus simplement un client qui doit subir sans broncher. Reste encore à définir ce que subir veut dire.

Faut-il traiter de la même manière la volonté de nuire et d’arnaquer, et l’impondérable qui par nature est imprévisible ? Peut on se faire une idée virtuelle de son voyage sans mettre en péril la réalité de la prestation achetée ? Le bleu d’une plage associé au vert et au jaune des brochures sont–ils contractuels ? A toutes ces questions, le législateur va devoir répondre par une jurisprudence détaillée qui fait la part des choses entre l’estimé et le constaté. Croire d’emblée que le voyagiste est un truand serait un raccourci dangereux. L’absoudre de toutes ses erreurs reviendrait à ouvrir la porte à tous les excès. La porte entre les deux est mince et le seul descriptif ne saurait suffire à mettre une image sur «un délicieux patio bordé de palmiers» qui ne serait qu’une petite terrasse ou une «salle de bain» équipée d’une simple douche. Le sens aigu du détail rend impossible la vision à distance d’un voyage. Un catalogue n’est pas une boule de cristal. Car si le TO peut parfois abuser, le client n'est pas vierge de tout reproche. On débusque sur le net des conseils «à ceux qui veulent se faire rembourser leur voyage». Des sites qui détaillent les bases d’une bonne procédure en «images numériques ». Des serveurs qui expliquent en conclusion «qu’il est facile de partir gratuitement en voyage en se faisant rembourser son déplacement». Dont acte.
Sans une justice pertinente, le voyage est en danger et son pire ennemi serait le voyageur lui même. De là à penser qu’un médiateur spécialisé aurait sa place dans ce domaine, il n’y a qu’un pas à franchir. D’autant que, comme le faisait remarquer un juriste, bizarrement, le client demande toujours «le remboursement du voyage» jamais un nouveau voyage ! Essayez de vous faire rembourser 1 kg de caviar déjà mangé… Bonne chance.

Marcel Lévy
ml@vacancespratiques.com

Mardi 26 Juin 2007